Justice genevoise

08 juin 2011 19:44; Act: 08.06.2011 21:49 Print

«Il se tapait la tête sur les murs. J'ai dû agir vite»

par Raphaël Leroy - Un psychiatre de Belle-Idée est accusé d'avoir tué un homme par surdose de médicaments en 2007.

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Le quartier cellulaire psychiatrique de Champ-Dollon se situe à Belle-Idée. (Photo: L. Fortunati/TG)

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«Mon grand frère, c’était mon héros. Nous n’étions que trois à la maison avec ma mère. J’ai perdu la moitié de ma famille avec ce drame.» Emu mais digne, le frère de la victime était le dernier à témoigner devant le Tribunal de police mercredi soir. Il y a décrit un jeune homme de 20 ans «rempli de projets, intelligent mais aussi impulsif.»

Ce qui le poussa, un jour de janvier 2007, à ingérer 90 paquets de cocaïne pour les importer de France en Suisse. S’en suit une incarcération à la prison de Champ-Dollon et une admission au quartier cellulaire psychiatrique de l’établissement un mois plus tard.

«Un excellent professionnel»

Le médecin qui le prend en charge à ce moment-là est M., un interne qui n’a pas encore fini sa formation. Venu de Grèce, M. réside en Suisse depuis 2002. Deux de ses collègues appelés à la barre parlent d’un «excellent professionnel, enthousiaste et engagé.»

Pourtant, l’homme est accusé d’homicide par négligence pour avoir administré à la victime des doses conjuguées d’anxiolitiques, de neuroleptiques et de méthadones. «Je n’ai jamais eu son dossier médical en mains, explique M. qui plaide l’acquittement. J’ai dû gérer une situation compliquée.»

Le jeune homme se tape la tête contre les murs

Car au bout du quatrième jour d’hospitalisation, la victime se tape la tête contre les murs. Elle se dit en manque. M. choisit alors de lui prescrire de la méthadone sachant qu’il est déjà sous l’influence de cinq médicaments différents. Une décision qui lui sera fatale dès le lendemain.

«Etes-vous sûr qu’il était en manque?, questionne le procureur, Claudio Mascotto. Il est permis d’en douter.» Le procès se poursuit jeudi matin.