Genève

04 janvier 2016 12:12; Act: 04.01.2016 13:22 Print

«Ils n'ont plus rien mais ils ont le sourire»

Une famille syrienne a pu s'enfuir de son pays et rejoindre la Suisse et la Suède grâce au soutien d'un parent genevois.

storybild

Quitter la Syrie en guerre peut s'avérer être un véritable parcours du combattant. (Image prétexte) (Photo: Keystone/AP/str)

Sur ce sujet
Une faute?

Fuir les horreurs de la guerre leur a pris quatorze mois, mais ils sont désormais à l'abri, bien loin du tumultes des combats. Dix-neuf membres d'une famille syrienne d'Alep, âgés de 3 à 82 ans, dorment aujourd'hui chez des proches ou dans des familles d'accueil à Genève, Prangins (VD), Estavayer-le-Lac (FR), tandis que quatre autres ont trouvé refuge en Suède, rapporte «La Tribune de Genève». C'est grâce à l'un de leur parent, un enseignant genevois, Shady Ammane, fondateur du collectif Jasmin, qu'ils ont pu quitter leur pays.

Durant l'été 2014, la famille tente une première fuite du pays, la situation à Alep devenant intenable. Mais cette tentative échoue, sept jeunes se faisant arrêter par des jihadistes et jeter en prison pour trois mois. C'est donc depuis la Suisse que le départ sera orchestré. Lancées en octobre 2014, les démarches auprès du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) débouchent en décembre sur un premier refus. «Je ne pensais pas que ce serait si compliqué», indique Shady Ammane dans les colonnes du quotidien genevois. Malgré cette réponse négative, personne ne baisse les bras. L'association Elisa-Asile apporte alors son aide, notamment pour remplir les formulaires, «des jours et des nuits afin de remplir treize pages pour chaque personne», selon Shady Ammane.

«Dialogue de sourds»

En août 2015, les demandeurs d'asile sont attendus au consulat suisse d'Istanbul, en Turquie. Seules sept personnes arrivent alors à sortir de Syrie pour se rendre à la mission. Mais, à la suite d'un «dialogue de sourds», elles sont éconduites. Quatre des fuyards décident alors de tenter le voyage vers l'Europe. Ils se dirigent avec un bateau pneumatique vers la Grèce. Puis, ils trouveront refuge en Suède. Finalement, le SEM donne son feu vert pour les trois autres requérants restés en Turquie. Ces derniers arrivent à Genève en octobre. Le reste de la famille garde espoir et organise sa fuite par le sud de la Syrie, le Liban puis la Turquie. En novembre, ils obtiennent le droit de venir en Suisse. Ils arrivent enfin le 10 décembre, munis d'un visa humanitaire.

«Ils n’ont plus rien mais ils ont le sourire», résume Shady Ammane qui exprime son «infinie reconnaissance à la Suisse», tout en se posant des questions sur les difficultés rencontrées: «On suit les lois, mais on se heurte à la bureaucratie.» L'association Elisa-Asile est plus tranchée: «Vu les obstacles mis sur leur route pour obtenir un visa humanitaire, auquel ils ont pourtant droit, il n’est pas étonnant que des réfugiés préfèrent venir par leurs propres moyens en se mettant en danger.»

(leo)