Genève

11 avril 2019 08:32; Act: 11.04.2019 09:17 Print

«La direction nous fait subir une double peine»

par David Ramseyer - Une école refuse de rouvrir son réfectoire vandalisé. Les apprentis, qui n'ont pas les moyens d'aller au restaurant, se plaignent.

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L'Espace Entreprise, dans le quartier des Pâquis (GE), forme notamment des apprentis des écoles de commerce de Genève. Chaque jour, environ 300 jeunes y effectuent des stages dans des conditions similaires à celles d'une entreprise. (Photo: dra)

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«Le bruit a été surpuissant, les fenêtres ont tremblé, il y avait de la fumée», se remémore Luc*, 16 ans, en stage à l'Espace Entreprise, dans le quartier des Pâquis. Le 2 avril dernier vers 13h, un pétard a explosé dans le réfectoire de ce centre de formation des apprentis des écoles de commerce genevoises. En plus de l'explosion, qui n'a pas fait de blessé, trois micro-ondes ont été jetés à terre, des tables et des chaises ont été renversées et du thé froid aspergé dans la pièce, qui peut accueillir une soixantaine de personnes.

Depuis lors, les lieux sont clos. Et ce, jusqu’à ce que l'auteur ou les auteurs soient dénoncés, a insisté la direction de l’établissement. Pour les ados en stage, c'est un gros problème: «On peut plus réchauffer nos repas, déplore Luc. On doit donc aller au restaurant tous les jours, mais nous n'en avons pas les moyens. Ou alors on mange notre casse-croûte, froid, dans la rue avec une météo guère favorable, ces temps-ci. Tout le monde gueule!» Alain* renchérit: «Beaucoup n'ont pas 15 ou 20 francs à dépenser à midi. C'est injuste: à cause d'une ou quelques personnes à l'origine des déprédations, nous sommes tous pénalisés. On nous fait subir une double peine».

«Les apprentis doivent prendre leurs responsabilités»

Directeur de l'Espace Entreprise, Yves Chardonnens Cook se dit touché par les doléances des apprentis et «navré pour eux». Mais il rappelle que le réfectoire est sous leur responsabilité. Pour le rouvrir, il souhaite notamment que les jeunes, reçus en délégation vendredi, proposent un système pour surveiller les lieux, «en nommant par exemple des responsables du réfectoire lors des pauses de midi».

Le directeur, pour qui ces déprédations «sans précédent» proviennent forcément de l'intérieur - l'accès au bâtiment est sécurisé - insiste: «Mon rôle est d'assurer la sécurité de tous et le respect du matériel ainsi que des locaux. Il est aussi important que les apprentis prennent conscience de leurs responsabilités et agissent pour la collectivité». Yves Chardonnens Cook a en tout cas «bon espoir qu'une solution se profile cette semaine encore».

*Prénom d'emprunt