Sécurité en Suisse

17 janvier 2011 17:27; Act: 18.01.2011 07:59 Print

«La plus grande menace, c'est Maurer»

Directeur de la sécurité en ville de Genève et capitaine à l'armée, Pierre Maudet tire à boulets rouges sur la politique de sécurité de la Confédération.

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Le libéral-radical Pierre Maudet a présenté lundi à Berne son propre rapport, où il expose ses constats et priorités sur la politique de la sécurité de la Confédération.

Intitulé «Le vrai rapport», ce document a été réalisé avec la collaboration de plusieurs experts dans le domaine de la sécurité, a indiqué M. Maudet devant les médias. Il vise à jeter les bases d'un débat constructif et à pallier les lacunes des rapports présentés en 2010 par le Conseil fédéral sur la sécurité et l'armée.

Pour présenter ses thèses, le conseiller administratif genevois était flanqué de Christophe Keckeis, ancien chef de l'armée, Peter Arbenz, ancien président de la Société suisse des officiers et ancien «Monsieur réfugiés» de la Confédération, et Pierre Aeppli, ancien commandant de la police cantonale vaudoise.

La menace: Ueli Maurer

«La plus grande menace pour la sécurité de la Suisse, c'est Ueli Maurer», relève Pierre Maudet dans son document. Il reproche au ministre de la défense et aux rapports du Conseil fédéral de ne pas fixer de priorités dans les menaces ni d'établir de stratégie claire pour s'en prémunir.

Selon Pierre Maudet, la Suisse est isolée, vulnérable et n'est plus neutre. Les principales menaces qui pèsent sur elle sont les cyberattaques, le terrorisme et l'extrémisme ainsi que le crime organisé. Et la seule manière d'y faire face, c'est de créer un Département fédéral de la sécurité, qui regroupe toutes les forces de la Confédération en la matière.

«C'est un tabou de regrouper l'armée et la police dans une seule main, mais c'est une nécessité», a martelé Pierre Maudet. Concernant l'armée, il faut d'abord définir ses missions avant de fixer le nombre d'hommes, et non le contraire. Il faut également abolir l'obligation de servir pour la remplacer par une armée de milice volontaire.

Collaboration internationale

Le politicien genevois a aussi insisté sur la collaboration internationale, notamment avec les pays voisins. «C'est le point le plus important du rapport», a souligné Christophe Keckeis. Et d'observer que la coopération avec l'Union européenne en matière de défense est possible pour un Etat qui n'en est pas membre, comme le démontre l'exemple de la Norvège.

Pierre Maudet a remis son rapport aux membres des commissions de politique de sécurité des Chambres fédérales ainsi qu'au ministre de la défense Ueli Maurer.

(ats)