Genève

12 janvier 2016 09:30; Act: 12.01.2016 16:18 Print

«Le Courrier» est attaqué en justice par Gandur

Le milliardaire, collectionneur d'art et partenaire financier de l'extension et de la rénovation du Musée d'Art et d'Histoire, s'estime diffamé dans un portrait publié en mai dernier dans le quotidien genevois.

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Le projet d'agrandissement du Musée d'art et histoire sera soumis à votation le 28 février 2016, en Ville de Genève. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Le journal «Le Courrier» est la cible du businessman vaudois Jean-Claude Gandur. Amateur d'art, mécène et potentiel partenaire financier du futur Musées d'Art et d'Histoire de Genève dont le projet de rénovation sera soumis à votation le 28 février, il a déposé plainte contre le quotidien genevois, révèle ce dernier. Il accuse nos confrères de diffamation et calomnie. Il a également engagé une procédure civile pour atteinte à la personnalité. Cible du courroux de l’homme d’affaires: un portrait publié en mai dernier dans «Le Courrier».

L'article dépeint la carrière du milliardaire, actif entre autre dans le négoce du pétrole. Notamment au Nigeria, sous le gouvernement Abacha, un régime qui s'apparentait à «une organisation criminelle» selon la justice suisse citée par «Le Courrier».

Jean-Claude Gandur, dont le passé judiciaire est sans tache, qualifie le portrait de «charge personnelle», «truffé d'allusions spécieuses (...) et autres insinuations». Pour le businessman et ses avocats, il y a manifestement eu «volonté de nuire». Ce que réfute le quotidien genevois. Il «rejette toute hostilité de principe» contre le plaignant. Il s'estime «dans son droit de porter un regard critique sur le secteur du négoce (...) ainsi que sur un projet muséal d’une telle importance pour le canton».

Dans son éditorial, «Le Courrier» estime qu'on veut le museler: «il n'est pas anodin qu'un milliardaire s'attaque à un journal notoirement connu pour ses difficultés financières».

De son côté, Jean Claude Gandur affirme dans un communiqué que la somme réclamée à titre de tort moral n'est pas de 20'000 fr. comme l'indique le quotidien, mais d'un franc symbolique. Il soutient n'avoir aucune volonté «d'étouffer financièrement le Courrier».

(dra)