Affaire Maudet

28 novembre 2018 20:21; Act: 29.11.2018 07:50 Print

La direction du PLR suisse demande la tête de Maudet

par David Ramseyer - Après la présidence du PLR genevois, les dirigeants du parti national ont appelé au départ du magistrat. La situation reste bloquée.

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«La confiance est perdue et nous ne voyons pas comment elle peut être restaurée.» Fort de ce constat, et après l'avoir entendu ce mercredi après-midi à Berne, le comité directeur du PLR Suisse a unanimement appelé à la démission du conseiller d'Etat Pierre Maudet, prévenu d'acceptation d'un avantage après son voyage controversé à Abou Dhabi.

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Pierre Maudet doit-il démissionner?

«Un animal blessé, dans le déni»

«Ses mensonges successifs, qu'il a admis devant nous encore aujourd'hui (ndlr: mercredi), justifient cette décision», appuie le conseiller national neuchâtelois Philippe Bauer, qui a participé à la réunion. «Je veux croire qu'il saura maintenant prendre ses responsabilités». A voir. «L'animal blessé, dans le déni et qui ne parvient plus à jauger sa situation», comme le décrit un témoin de la réunion «tendue» de Berne, dit vouloir continuer à se battre. Et pour cause: statutairement, et légalement, rien n'oblige le Genevois à s'en aller. Pierre Maudet n'y compte d'ailleurs pas. Tout en demandant à son parti de garder la tête froide, il en appelle à la base du PLR et confirme qu'en l'état, il ne démissionnera pas, même si la pression est montée d'un cran.

Car quelques heures avant le comité directeur du PLR Suisse, le président de la section genevoise a pour la première fois publiquement réclamé le départ de Pierre Maudet, sur letemps.ch. Quatre des cinq autres membres de la présidence ont suivi Alexandre de Senarclens. Et ce, alors que la direction du parti avait ces derniers jours renoncé à prendre formellement position sur la question, en attendant une assemblée générale du PLR genevois. Prévue début décembre, celle-ci a été repoussée à janvier.

Impossible d'éviter le clash

Alexandre de Senarclens explique qu'un «apaisement de la situation, dans cette affaire, n'est plus possible. Par ailleurs, le PLR suisse m'a invité ce mercredi pour parler du sujet: je me devais donc de ne pas me dérober et d'avoir une position claire. Enfin, nous nous sommes rendus compte qu'il ne servait plus à rien de donner encore du temps à Pierre Maudet pour se décider. Nous devions prendre nos responsabilités».

Le président estime avoir «tenté d'éviter le clash jusqu'au bout». Mais selon lui, seule une démission du conseiller d'Etat peut aujourd'hui préserver l'intérêt du parti et des institutions: «Ce n'est pas la présidence qui est responsable de la crise. Il ne faut pas se tromper de coupable, il n'y a qu'un seul responsable», a-t-il déclaré au quotidien «Le Temps».

Chef du groupe PLR au Grand Conseil, Cyril Aellen va dans le même sens: «Le point de non-retour est atteint et le temps de la clarté est venu». Selon l'élu, il était important que la présidence prenne position avant la réunion lundi prochain du comité directeur. «La situation créée par l'attitude de Pierre Maudet est préjudiciable pour les institutions et le parti. Il doit en tirer les conclusions qui s'imposent.»

La direction montrée du doigt

Les déclarations d'Alexandre de Senarclens divisent cependant à l'interne. Ancien conseiller d'Etat et soutien affiché du magistrat, Guy-Olivier Segond dénonce un manque de sens politique, selon lui, en vue d'une élection partielle dictée par un possible départ de Pierre Maudet. «J'ajoute qu'une épreuve de force telle que celle-ci reste imprudente lorsqu'une assemblée générale s'annonce.»

Un membre du comité directeur, qui a requis l'anonymat, déplore de son côté la valse d’hésitations des instances dirigeantes du PLR. «Après plusieurs reports, la présidence, seule dans son coin, prend finalement position aujourd'hui, alors qu'elle a convoqué le comité directeur lundi prochain. En clair, elle le court-circuite!»

Ce soutien «critique» de Pierre Maudet estime que la situation a tourné à «une affaire personnelle» entre le conseiller d'Etat et certains pontes du PLR, où la confiance dans un sens comme dans l'autre serait brisée. Pour ce cadre, la vraie sanction morale, s'il doit y en avoir une, ne peut venir que de la base.

Il reste désormais un mois à chaque camp pour mobiliser ses troupes, avant l'assemblée générale de janvier qui promet une tension maximum.

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Les commentaires les plus populaires

  • Mauxit le 28.11.2018 20:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Poussez-le vers la sortie

    Il joue la cloche. Il s'accroche à son poste en espérant que la procédure judiciaire prenne assez de temps pour qu'il atteigne son droit à une retraite dorée. Face à cette attitude mercantile, ses collègues du Conseil doivent l'expulser pour protéger l'intérêt des Genevois contribuables.

  • Degoutee le 28.11.2018 20:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rento

    Mais il va tenir jusquen juin pour toucher sa rente de 89000 annuel à vie.... il faudrait être fou pour laisser passer cette aubaine.... À VIE....cest comme gagner à la loterie! Cest même encore plus que le Rento!!! Et cest nous qui lui payons ça, le veinard!!!!

  • John Doe le 28.11.2018 20:34 Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi?

    Je ne comprends pas trop le statut de ces gens. Ils ne peuvent pas être virés ?? Dans le privé quand la direction d'une boîte veut le depart d'un employé pour faute grave ben il a pas trop son mot à dire...

Les derniers commentaires

  • Jaurès le 29.11.2018 22:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Adieu Sadam le satan...

    Il se croyait irrésistible et surtout intouchable ! Je ne suis pas un homme d'argent mais de pouvoir sermonnait sa flûte à serpents... Un vulgaire mensonge en sommes, soit un de plus, car personne n'est dupe de sa combativité exclusive qui est sa fameuse rente à vie pour le récompenser de ses fourberies ! Ce Conseil d'Etat est pitoyable pour cautionner un tel calcul, car il est évident que sa démission est inéluctable ! Il me fait penser à l'immense statue de Sadam qui tombe avec fracas dans l'oubli de l'histoire pour le bien de tous... Trop bien faire est l'ennemi du bien, et en dire plus...

  • Pierre Albert le 29.11.2018 20:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rien de grave

    Il faut qu'il reprenne en main ses dicastères et finisse le boulo. Il avait bien commencé, 2 proc l'on piégé. Mais jusqu'ici rien de grave. Le système est ce qu'il est, n'en déplaise à certains.

  • bamboo le 29.11.2018 19:54 Report dénoncer ce commentaire

    Madémission

    C'est quand-même dingue qu'il y ait la possibilité de virer un Président des Etats-Unis incompétent (procédure d'impeachment), mais pas un petit Conseiller d'État cupide et menteur. La Constitution doit être complétée.

  • Electeur floué le 29.11.2018 19:38 Report dénoncer ce commentaire

    Marre de ce Monsieur

    Il faut également faire une liste de ces soutiens, car apparemment le fait que ce monsieur mente, ce moque, nargue tous le monde, et ça ne les gènes pas... donc 1. Thierry OPPIKOFER 2.Marie-Claire MESSERLI 3. ..... 4. ...... à compléter

  • Pierre Albert le 29.11.2018 17:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un jour de plus de passé pour PM

    Courage Pierrot, reste. Démissionner serait trop simple. Et n'oublie pas de dépenser un peu de cette caisse sans fond qu'est la caisse de l'état. Fais-toi plaisir, profite à fond . Un homme politique, un bon, ça doit coûter cher, normal. Le peuple Genevois t'a élu haut la main au premier tour en toute connaissance de cause.