Genève

27 juillet 2014 13:01; Act: 27.07.2014 13:13 Print

«Les poissons transpirent-ils?»

Cette question fait partie des 1500 auxquelles ont répondu depuis septembre dernier les bibliothécaires de la Ville de Genève via la plate-forme en ligne InterroGE.

Une faute?

«Les poissons transpirent-ils?», «Pourquoi dit-on 'allô' au téléphone», «Comment est organisé le système d'assurances sociales en Suisse?» sont parmi les perles.

Ce service permet à tout le monde de poser des questions sur tous les sujets par le biais d'un formulaire. Les bibliothèques de la Ville de Genève s'engagent à fournir gratuitement une réponse documentée en moins de 72 heures. Les questions peuvent être posées en français, anglais, allemand, italien ou espagnol, mais ne sont répondues qu'en français, et sur demande en anglais.

Près d'une année après le lancement de cette prestation unique en Suisse, la Ville de Genève en tire un bilan satisfaisant. D'environ huit questions par jour au début, le rythme s'est stabilisé à trois ou quatre, explique Jürgen Haepers, l'un des deux coordinateurs d'InterroGE.

Inventaire à la Prévert

Ce spécialiste en information et en documentation réceptionne toutes les questions «sans jamais émettre de jugement sur leur pertinence», relève-t-il. Il y a les questions d'enfants très terre-à-terre, comme: «Pourquoi Dieu a créé Adam et Eve avec un nombril?» ou «Pourquoi sommes-nous obligés d'aller à l'école?».

Les adolescents utilisent largement ce service pour préparer une dissertation ou un travail de maturité. Les questions sur l'histoire et la géographie trouvent ainsi une bonne place. A noter qu'InterroGE ne fournit jamais d'exposés clé en main et est très vigilant sur les plagiats.

Du côté des adultes, les sujets abordés pourraient tenir dans un inventaire à la Prévert. Impôts, droit du travail, science, vie pratique, démarches administratives, sujets artistiques: tout y passe. Des interrogations culinaro-historiques figurent même au menu avec cette question: «Quelle est la recette de la fameuse soupe de la Mère Royaume?».

Un réseau de compétences

Pour y répondre, les coordinateurs sollicitent le réseau des bibliothèques de la Ville qui compte onze entités, dont cinq bibliothèques de musées. Une trentaine de personnes ont été formées pour répondre à ces questions.

Les bibliothécaires exploitent aussi les connaissances scientifiques des collaborateurs de ces institutions, notamment les spécialistes des Conservatoires et Jardin botaniques. «InterroGE met en valeur les compétences en recherche des bibliothécaires ainsi que les collections numériques», relève M. Haepers.

La bonne information

A l'heure où Google et Wikipédia font partie des réflexes des internautes, un tel service a-t-il un sens? «Quand il y a tellement d'informations, il est souvent difficile de trouver la bonne», rétorque M. Haepers. Les réponses des bibliothécaires sont basées sur des sites validés et les documents des collections. Les références poussent l'utilisateur à approfondir sa recherche.

InterroGE a nécessité la mise en place de deux postes de bibliothécaires pour la coordination du projet, soit un budget annuel de 186'100 francs. La trentaine de bibliothécaires formés pour cette tâche n'ont pas augmenté leur temps de travail. Répondre aux questions des utilisateurs, que ce soit en ligne ou derrière leur comptoir, fait partie de leur cahier des charges.

(ats)