Procès à Genève

31 mars 2011 09:32; Act: 31.03.2011 21:18 Print

«Mes regrets ne changeront rien»

par Raphaël Leroy - Le ministère public a requis la prison à vie pour les deux meurtriers présumés d'une jeune femme enceinte en 2007.

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«Je suis sincèrement désolée. Mais mes regrets ne changeront rien à ce que j’ai pu faire.» D’une voix quasiment inaudible, A., coaccusée avec son mari du meurtre de Loreidy à Vernier (GE) en 2007, a exprimé ses regrets jeudi soir au 4e jour de leur procès devant le Tribunal criminel. M., amant de la défunte et partenaire de A., en a fait de même. «Je m’en veux terriblement pour tout ça», dira-t-il timidement.

Prison à vie exigée

Car la peine qu’encours les deux amants est lourde. Le substitut du procureur a requis pour chacun d’entre eux la prison à vie pour assassinat, interruption involontaire de grossesse et atteinte à la paix des morts. «Loreidy avait 20 ans, plaide Yves Bertossa. Cette gosse était dans le bonheur, elle attendait que son amant lui donne des nouvelles pour se rendre à son rendez-vous. Elle était heureuse car elle y croyait. C’était un beau tableau, ce sera son dernier. On la retrouve ensuite au pied d’un arbre carbonisée près de Fribourg. Ils lui ont tout pris. Sa vie, sa chair, son enfant, sa dignité.»

Selon lui, le mobile du crime est sa grossesse et la préméditation des accusés ne fait aucun doute.

«Loreidy a été sacrifiée, renchérit Me Lorella Bertani, avocate de la mère de la défunte en sanglots. Elle a été mise à mort sur l’autel de deux égoïsmes qui souhaitaient préserver leur petite vie. Ils avaient le choix. Ils ont fait le choix des ténèbres. Ils ont tout détruit sur leur passage.» L'avocate de la partie civile de conclure. «Ce qu’ils ont fait est innommable car il n’y a pas de mots pour exprimer la douleur d’une mère, et qu’il n’y a rien pour la guérir.»

«Juger l'homme et non les faits»

De son côté, la défense a nuancé le propos même si elle ne conteste pas leur culpabilité. «Il faut juger l’homme et non les faits, estime Me David Bitton, conseil de l’accusé. M. n’a pas d’antécédents et sa maturité est limitée. Pourquoi dès lors l’envoyer à vie en prison?»

L'autre avocat de M., Me François Canonica, évoquera aussi l'enfance difficile du prévenu en Angola.

La défense de A., elle, s’évertuera à dissocier les co-accusés. «A. n’est pas normale contrairement à M., explique Me Jacques Barillon, avocat de la jeune femme. Elle est borderline. Comment peut-on donc exiger une peine équivalente à celle de Klaus Barbie?»

Le verdict est attendu vendredi dès 16h.