Visite de Bush à Genève

21 janvier 2011 14:49; Act: 23.01.2011 21:17 Print

«Nous demandons son arrestation!»

par Shahïn Ammane - Associations et partis politiques encouragent la population à déposer plainte contre l’ancien président américain invité par une association sioniste à un gala en faveur de l’État d’Israël.

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L'ex-président tunisien Ben Ali et l'ancien président amércain George W. Bush. (Photo: Keystone/AP)

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Les armes commencent à s’aiguiser et les voix à s’élever pour être peut-être enfin entendues. Vendredi, le collectif «pour le respect des conventions de Genève, contre l’impunité des criminels de guerre» a révélé sa tactique pour contrer la venue de George W. Bush, prévue le 12 février prochain à Genève. «Le principal criminel de guerre du 21e siècle qui a mis le feu au Moyen-Orient et qui a inventé Guantanamo va parler dans le cadre d’une soirée de gala pour récolter des fonds destinés à Israël, un état qui viole systématiquement les conventions de Genève et le droit international», lâche Paolo Gilardi, le responsable de la gauche anticapitaliste.

Le collectif a donc adressé une plainte à la Confédération, ainsi qu’au procureur général genevois Daniel Zappelli pour que George W. Bush soit interpellé dès son arrivée sur le sol helvétique.

Les citoyens appelés à déposer plainte

Depuis le 1er janvier 2011, l’entrée en vigueur de l’art. 264B du code pénal suisse permet en effet de lever l’immunité des criminels de guerre et d’entreprendre des actions en justice contre eux.

«Nous encourageons tous les citoyens à déposer également plainte», a renchérit Paolo Gilardi. Des formulaires juridiques sont ainsi mis à disposition des personnes qui désirent emboîter le pas du comité. Le représentant des associations irakiennes en Suisse va déposer plainte dans le courant de la semaine prochaine. Des familles irako-suisses feront de même.

Interpellation de Micheline Calmy-Rey

Lundi, une lettre signée du collectif va demander à la présidente de la Confédération de prendre position sur le sujet. Les membres des associations y rappellent toutes les exactions commises sous l’égide de George W. Bush et qui contreviennent aux
Conventions de Genève, dont la Suisse est garante. Le comité demande, entre autres, «à ce que la présence de l’ancien président des États-Unis ne soit cautionnée d’aucune manière que ce soit par notre gouvernement, ce qui implique au minimum d’exclure tout contact diplomatique avec lui et de refuser de lui assurer une protection policière engageant les deniers publics».

Prise de position du Conseil administratif

Les membres du collectif invitent également la Ville à prendre position contre la venue de George W. Bush. «Le Conseil administratif ne peut pas accepter de voir celui qui a violé les Conventions de Genève souiller le lieu où elles sont nées». Et de rappeler que la mairie a célébré l’année dernière les 60 ans de la charte genevoise.

La manifestation

Après discussions avec la police, le rassemblement, qui se veut pacifique, se tiendra à 14h30 devant la poste du Mont-Blanc en ce 12 février. Musique et discours sont au programme. Les manifestants sont invités à venir avec une vieille chaussure à la main. Une poupée en papier à l’effigie de l’ex-président US ramassera les savates sur la tête en fin de défilé. Celui-ci devrait aboutir à l’hôtel Président Wilson où se tiendra le gala dans la soirée. « Enfin si tout se passe bien», souligne un membre du comité. Un service d’ordre encadrera le cortège en plus des forces de l’ordre qui seront certainement dépêchées en nombre.