Genève

14 janvier 2020 12:38; Act: 14.01.2020 12:38 Print

«Nous ne partirons pas sans avoir de garanties»

par Maria Pineiro - Depuis lundi, une quarantaine de militants du Collectif lutte des Mineurs non-accompagnés (MNA) occupent un centre culturel.

storybild

Des repas et des ateliers sont organisés dans le hall du Grütli. (Photo: mpo)

Sur ce sujet
Une faute?

Une quinzaine de personnes, militants et mineurs non-accompagnés (MNA), ont passé la nuit dans une salle du centre culturel du Grütli, occupé depuis lundi après-midi. Le collectif entend ainsi dénoncer l'inaction du Conseil d'Etat dans la prise en charge de ces migrants mineurs ou jeunes adultes et la rupture du dialogue. «A notre connaissance, une dizaine d'adolescents dort actuellement dans la rue ou dans les sleep-in hivernaux. Mais il pourrait y en avoir plus», a indiqué Camille*.

Cette occupation n'a pas vocation à s'éterniser selon les militants, toutefois conscients que le temps administratif peut se révéler long. «Nous ne comptons pas faire du Grütli un lieu d'hébergement, ce n'est pas adapté, a précisé Nahuel*. Nous avons agi face à une situation d'urgence et ne partirons pas sans garanties.»

De nouveaux foyers exigés

Au chapitre des revendications, le collectif exige que «plus aucun jeune ne dorme à la rue». Il veut «l'ouverture de structures adaptées aux mineurs et aux majeurs». A savoir de nouveaux foyers. Mais le logement ne suffit pas. Les militants estiment nécessaire un encadrement socio-culturel adéquat, ainsi que la scolarisation de ces jeunes. Autre demande, celle de voir les MNA pouvoir obtenir une carte de résident de la Ville dans un premier temps, puis du Canton, afin qu'ils puissent se légitimer auprès des autorités. Le Collectif se soucie également du financement des sleep-in, qui menacent de fermer à la fin du mois faute de financement.

Le Collectif lutte pour les MNA reconnaît que des avancées ont été effectuées, comme l'ouverture d'un foyer à Malagnou, mais il estime que ces mesures sont encore largement insuffisantes.

Précédente occupation en 2015

Le choix du centre culturel du Grütli n'est pas anodin. En effet, en juin 2015, il avait déjà été occupé à la suite d'une manifestation en soutien aux réfugiés logés en sous-sol, afin de demander des abris en surface. «Nous nous inscrivons dans la continuité de ces luttes», a confirmé Camille. Les militants ne voient pas de contradiction dans le fait d'occuper un lieu géré par la Ville de Genève, alors que la problématique des MNA est du ressort du Canton. «Nous ne nous sommes pas trompés de cible, a insisté la jeune femme. Nous espérons que l'Exécutif municipal pourra nous servir de tremplin pour accéder au Conseil d'Etat. Notre but est de rétablir un dialogue constructif et d'obtenir des garanties.»

Le collectif a déjà rencontré plusieurs magistrats de la Ville lundi. Selon «Le Courrier», la Municpalité ne portera pas plainte pour occupation illégale. Les contacts doivent se poursuivre dès mardi. Les militants espèrent pouvoir renouer le lien avec la Délégation à la migration du Conseil d'Etat tout prochainement, afin de concrétiser leurs revendications.

*prénoms d'emprunt