Genève

27 février 2020 05:57; Act: 27.02.2020 12:06 Print

«On voulait travailler, on s'est retrouvés esclaves»

par Léonard Boissonnas - Des chauffeurs poursuivent un partenaire d'Uber. Les salaires promis ne leur ont pas été versés. Ils réclament 130'000 francs.

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Un des chauffeurs a aussi déposé une plainte pénale, en cours (Photo: iStock/Image prétexte)

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Ils pensaient avoir trouvé un emploi avec une paie convenable, ils ont dû déchanter. Une dizaine de conducteurs et leur ancien employeur, une société partenaire d’Uber, se retrouvent ce jeudi devant les Prud’hommes. Soutenus par le syndicat Unia, les chauffeurs réclament des différences salariales auxquelles ils estiment avoir droit, soit près de 130'000 francs au total.

«On voulait travailler et on s’est retrouvés abusés, comme des esclaves des temps modernes», a témoigné l’un d’entre eux, à la veille de l’audience. «On est Français, on ne connaissait pas les règles en Suisse», déplore un autre. Ces chauffeurs racontent qu’ils ont été recrutés par cette société, basée à l’époque sur Vaud, via Pôle Emploi, l'agence étatique française qui place les chômeurs.

Des «miettes» pour les chauffeurs

«À l’entretien, on nous a promis oralement un salaire minimum de 3000 francs», poursuit cet employé. Payés à la course, aucun d’entre eux n’a touché plus de 2500 francs, alors qu’ils étaient disponibles en tout temps, disent-­ils. En fait, sur le prix total d’une course, il ne restait que «des miettes pour les chauffeurs» selon eux: Uber touchait près d’un quart de la somme totale et ils devaient partager le reste avec la société partenaire.

«L’ubérisation implique une forte précarisation, dénonce Umberto Bandiera, responsable Unia Transports et logistiques en Suisse romande. Aujourd’hui, une société se retrouve devant la justice, mais quelque 150 autres sont partenaires d’Uber», rappelle-t-il. L’entreprise en question n’a pas pu être jointe. Par ailleurs, un des chauffeurs concernés, qui a également travaillé pour une autre société partenaire du géant américain, a déposé une plainte pénale, en cours, contre ces entreprises.