Satigny (GE)

10 octobre 2019 19:37; Act: 10.10.2019 19:37 Print

«Je savais qu'on avait trois gars à l’intérieur»

par David Ramseyer - Le chef des opérations du SIS raconte l’effondrement du toit en flammes de la mairie sur des pompiers, mercredi, et leur sauvetage.

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«Il y a eu un bruit sourd, une immense gerbe d'étincelles s'est élevée au-dessus du bâtiment... et le temps s'est arrêté.» Le capitaine Frédéric Jaques, du Service d'incendie et de secours (SIS), revoit clairement la scène. Mercredi passé vers 22h30, il était au téléphone avec la centrale d'intervention lorsqu'à côté de lui, «sans le moindre prémisse d’un écroulement», le toit en flammes de la mairie de Satigny (GE) s'est effondré. «Je savais qu'on avait trois gars à l’intérieur.»

L'officier a alors imposé le silence radio et fait couper les ventilateurs pour que tous les intervenants puissent s'entendre et communiquer. «Le premier réflexe, dans ces cas-là, c'est de tous se précipiter au secours des collègues. Mais non! En réalité, il faut définir un nouveau secteur d'intervention, compter les effectifs pour savoir précisément combien d'hommes - et lesquels - sont manquant, puis rapidement se coordonner.»

Repéré du haut de l'échelle, grâce à sa torche

Cinq sapeurs ont alors été envoyés au secours de leurs camarades. Un de trois hommes piégés dans l'incendie est parvenu à sortir de lui-même. Le deuxième a été retrouvé en haut d'un escalier, allongé à plat ventre, les jambes prises sous les gravats, mais conscient. «Le troisième n'a pas non plus perdu connaissance. Il a eu le réflexe de rallumer sa torche. Il a été repéré par des sapeurs qui étaient en haut d'une de nos échelles.»

Entre l'effondrement et l'évacuation des blessés, il s'est passé huit minutes, «mais ça m'a paru tellement plus long», soupire Frédéric Jaques. Lui aussi a été pris dans un écroulement, jadis, lors d’un incendie. «Je savais que ça pouvait être grave. Cela dit, pas un seul instant je n’ai cru qu’ils étaient foutus. Par contre, je me suis demandé dans quel état ils allaient sortir du brasier».

Au final, «ça a été un soulagement». Les deux jambes brisées, un sapeur a été opéré ce jeudi après-midi, un autre a eu la cheville cassée et le dernier souffre de douleurs dorsales. Tous ont eu de multiples contusions. Mais le bilan aurait pu être bien pire.