Agressions de Saint-Jean (GE)

09 décembre 2019 18:45; Act: 09.12.2019 20:10 Print

«C'est votre dernière chance de vous expliquer»

par Lucie Fehlbaum - Le procès en appel des deux majeurs responsables des agressions de deux trentenaires à Saint-Jean en 2017 a démarré lundi.

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Des regrets qui peinent à convaincre. Voilà ce qui ressort de la première journée du procès en appel de L. et D., deux des agresseurs de Saint-Jean. La nuit du 7 janvier 2017 ils avaient, avec trois amis mineurs, détruits deux trentenaires qui buvaient un verre dehors. Condamnés en première instance à 15 ans de prison pour une double tentative d'assassinat pour L., et à 12 ans à l'ombre pour tentative d'assassinat et agression pour D., les comparses, incarcérés respectivement à la plaine de l'Orbe et à La Brenaz, font appel de leurs condamnations.

Eviter l'expulsion

L. tout d'abord, avec son attitude de «gentille brute», cherche à convaincre la cour qu'il n'a commis qu'une seule tentative d'assassinat. Il n'aurait fait que repousser l'une des victimes avec une batte de base-ball, lui assénant des coups horizontaux. Son conseil, Me Guerric Canonica, l'estime coupable de lésions corporelles simples ou d'agression. L'enjeu pour D. est similaire. Il demande à être acquitté de la tentative d'assassinat sur une des victimes.

Mais le jeune homme veut aussi éviter l'expulsion de Suisse. Originaire du Brésil, au bénéfice d'un permis B depuis 2016, il affirme ne rien connaître du pays qui l'a vu naître. Sa mère, sa sœur et sa copine sont ici, à Genève. Elles lui rendent visite au pénitencier. «Quel intérêt aurait la Suisse de vous garder?» a questionné la présidente du Tribunal, Catherine Gavin. «Recoller les morceaux de ce que j'ai fait», a bredouillé D.

Pas d'explication

Lundi, le Tribunal a tenté encore une fois de comprendre ce qui a motivé ces jeunes le 7 janvier 2017. Si les deux agresseurs s'excusent, assurent qu'ils vont payer les dommages, disent se sentir «honteux» ou «comme un déchet», ils peinent à fournir un semblant d'explication. «Vous dites avoir pris conscience de la gravité des faits avant votre arrestation. Pourtant, vous n'avez eu de cesse de mentir et nier», a rappelé le procureur général Olivier Jornot à l'attention de L. «C'est peut-être votre dernière chance d'expliquer à la famille ce qui vous a motivé», a ajouté Me Santonino, curatrice d'une victime. «J'ai réfléchi avec ma psychiatre. L'effet de groupe et l'alcool ont joué un rôle», a esquissé D.

Cette première journée d'appel a permis de faire un point sur l'état de santé des victimes, très lourdement handicapées (lire encadré). La journée de mardi sera consacrée aux plaidoiries.