Agression de St-Jean (GE)

05 mars 2019 20:58; Act: 09.03.2019 12:32 Print

«Pour moi, mon fils meurt cent fois chaque jour»

Les proches des victimes de l’agression de Saint-Jean ont raconté mardi l’«enfer» vécu depuis la nuit du 7 janvier 2017.

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S. a été tabassé devant le temple de Saint-Jean. (Photo: jef)

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«Ce qu’on vit est un enfer et même l’enfer n’est pas comme ça», a raconté mardi l’une des sœurs de S., un des deux trentenaires tabassés dans le quartier de Saint-Jean, au deuxième jour du procès de deux de leurs agresseurs présumés. Après l’audition du second accusé en matinée (encadré), l’après-midi a été consacré aux témoignages des proches et des médecins des victimes.

En chaise roulante

L’un des moments forts a été l’arrivée, en chaise roulante, de S., dont les séquelles, notamment à la tête, étaient bien visibles. Comme l’a expliqué son médecin traitant, «il émet des sons, mais pas de mots.» Son ami T. a préféré ne pas venir car «il ne voulait pas subir un stress supplémentaire», a expliqué son médecin.

Souffrant de multiples lésions cérébrales sévères, les deux victimes ont dû subir plusieurs opérations de la boîte crânienne avec ablation de parties de l’os. Ils souffrent aussi d’épilepsie et devront certainement être suivis à vie.

« J'aurais préféré mourir»

«Je me dis parfois que j’aurais préféré mourir au lieu de subir cette vie», a déclaré T. via la voix de sa curatrice. «En fait, notre existence s’est arrêtée le 7 janvier 2017, a déclaré une sœur de S. Je fais des efforts pour ma famille et pour mon frère, mais c’est très dur.»

De son côté, la mère de S. a dit sa douleur de ne plus pouvoir parler avec lui: «Je le vois souffrir et je suis impuissante, a-t-elle déploré. Pour moi, mon fils meurt cent fois chaque jour.»

(20 minutes)