Genève

29 octobre 2019 22:30; Act: 30.10.2019 20:44 Print

«Au travail, un cancéreux ne doit pas être pestiféré»

par David Ramseyer - Une association unique en son genre veut sensibiliser et offrir des solutions aux entreprises pour l'emploi de personnes atteintes du cancer.

storybild

(Photo: Katarzynabialasiewicz)

Sur ce sujet
Une faute?

Margaux est morte le 25 avril 2018, terrassée par un cancer du sein. «Malgré la maladie, elle était dynamique, efficace et souriante. Elle nous a beaucoup inspirés», s'émeut sa collègue Elisabete. De la douleur est alors né le combat.

En mémoire de la trentenaire, Elisabete a décidé de créer, avec d'autres collaborateurs de la société Loyco, une association qui entend favoriser l’employabilité des personnes touchées par le cancer en sensibilisant les entreprises à cette problématique. Action Margaux verra officiellement le jour ce mercredi soir au bout du lac, avec le concours de la Ligue genevoise contre le cancer.

Ne pas rester seul

À ceux que le crabe attaque, «on dit souvent: reste à la maison, tu reviendras quand ça ira mieux, résume Jean-Paul Périat, président de l'association et père de Margaux. Mais non! Les employeurs doivent savoir que pour de nombreux malades, rester seul chez soi peut être très difficile moralement». Ce chef d'entreprise genevois, lui aussi touché par le cancer il y a quelques mois, concède que l'emploi de gens atteints d'une tumeur n'est «pas un pari sur l'avenir. Mais ce ne sont pas non plus des pestiférés!»

A l'instar de ce qui s'est passé pour sa fille, Jean-Paul Périat plaide pour des aménagements d'horaire, en fonction des phases de chimiothérapie par exemple, pour une réduction du temps de travail, voire une réaffectation des tâches, afin de permettre aux cancéreux de rester au contact du monde professionnel. Car aujourd'hui, la mort n'est heureusement pas forcément la suite inéluctable au développement d'un cancer.

«Nous voulons instaurer un dialogue avec les patrons, susciter la réflexion et le débat», appuie le président de l’association. Des entrepreneurs genevois, jurassiens, vaudois, valaisans et zurichois ont ainsi déjà fait part de leur intérêt pour la démarche d'Action Margaux. Jean-Paul Périat en est persuadé, «l'immense majorité des entreprises restent humaines, l'empathie pour des employés gravement atteints dans leur santé y a sa place».