France/Genève

04 décembre 2019 21:35; Act: 05.12.2019 10:16 Print

«Le Salève est un joyau magique, mais défiguré»

par David Ramseyer - Une nouvelle association genevoise veut agir pour sauvegarder la montagne savoyarde. Elle dénonce l'impact des carrières sur les lieux.

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Des carrières sont exploitées depuis des décennies sur la façade ouest du Salève, face à Genève. (Photo: Lucien Fortunati)

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Au bruit et à la poussière «qui nuisent aux voisins» s'ajoutent des «atteintes à la faune et à la flore», dans un paysage «défiguré». Récemment créée dans le canton, l’Association pour la sauvegarde du Salève (ASSAL) s'émeut de l'impact des carrières qui déchirent le versant ouest de la montagne emblématique du bassin genevois, où se pressent promeneurs et adeptes de varappe ou de vélo.

Un plan de renaturation «peu clair»

«Après un gros éboulement en 2017, on a l'impression que pour sécuriser l'endroit, les exploitants ont encore grignoté sur la paroi, s'alarme Stéphane Herzog, membre du comité. Il faut préserver ce lieu de loisirs magique. C'est un joyau, à la biodiversité importante». L'ASSAL souligne qu'un programme de renaturation est lié à l'exploitation des carrières «mais il reste flou. Nous voulons y voir clair».

Autres revendications: que le Canton fasse pression sur la France et renonce aux quelques 100'000 tonnes annuelles de matériaux qu'il importe du Salève. Président de l’association, Bernard Wietlisbach tempère cependant: «Oui, nous souhaitons limiter l'impact des carrières et protéger le patrimoine naturel. Mais nous voulons rester dans une logique de dialogue avec toutes les parties concernées».

Le Canton veut rassurer

De son côté, le Conseil d'Etat renvoie à sa réponse du 29 mai 2019, qui faisait suite à la question d'un député socialiste sur le sujet. Il rappelle d'abord que la montagne est située en France, donc hors de sa sphère d'autorité. Ensuite, il note que l'autorisation d'exploiter accordée aux carrières en 2003, sur trente ans, doit in fine «permettre de réhabiliter définitivement le site», via des mesures de reboisement et de remblayage. «Selon nos informations, en 2033, l'impact visuel des carrières aura considérablement diminué», avance le Canton.

Ce dernier souligne aussi avoir des échanges réguliers avec les acteurs du dossier, notamment sur le programme de réaménagement des lieux. «L'avenir de l'installation étant tracé, conclut l'Etat, il n'y aurait aucun sens à s'opposer à l'importation de matériaux du Salève.»