Genève

10 octobre 2018 21:57; Act: 10.10.2018 22:58 Print

«Une pénurie d'héroïne serait problématique»

par Léonard Boissonnas - Une grosse saisie en France voisine devrait toucher le marché local. Pourtant, une pénurie n’est pas en vue. Ni souhaitable.

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Des mois d'enquête ont permis cette saisie dans le garage d'une villa. (Photo: DDSP 74)

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Deux cents trente kilos de produits destinés à couper de l’héroïne. C’est ce qu’ont saisi les policiers d’Annecy le 3 octobre près d’Annemasse (F). Cinq Albanais ont été arrêtés. De mémoire, une telle prise n’avait jamais été réalisée dans la région Rhône Alpes, indique le commandant Jean-Philippe Charvet. «On sait que ce réseau fournissait la Haute-Savoie, mais aussi le bassin genevois. Une telle prise, forcément, va manquer sur le marché.»

La police genevoise juge aussi que cela devrait «créer un certain ralentissement de l’activité de certains réseaux albanophones». Une situation qui ne s’était toutefois pas concrétisée par le passé, précisent les forces de l’ordre, des grosses saisies de ces produits n’ayant pas freiné le marché local.

La Suisse toujours approvisionnée

«Si une filière s’écroule à Genève, les trafiquants peuvent aller en voiture aux Pays-Bas ou en Espagne se fournir en moins de 24 heures», expose Jean-Félix Savary, du Groupement romand d’études des addictions. Il ajoute que la Suisse, vu ses moyens et sa géographie centrale, a toujours été approvisionnée.

Paradoxalement, «une pénurie complète d’héroïne poserait problème, relève-t-il. Dans ce cas, les consommateurs s’injectent n’importe quoi, mettant en péril leur santé, voire leur vie. Le marché suisse est très stable avec des acteurs identifiés présents depuis longtemps. Ce sont surtout les petites quantités qui sont visées lors des opérations policières. Cette stabilité est plutôt positive en terme de santé publique.»