Agressions à Perly-Certoux (GE)

20 novembre 2019 22:07; Act: 20.11.2019 22:11 Print

«Vous vous en foutez! Et c'est grave»

par Maria Pineiro - Après la série de délits et le déchaînement de violence, la mairie ainsi que les polices cantonale et municipale ont convié la population à une soirée d’information, mercredi.

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Quatre sacs arrachés et deux bagarres depuis juillet. Les habitants de Perly-Certoux s’inquiètent. Pour répondre à ces angoisses, la mairie ainsi que les polices cantonale et municipale avaient convié la population à une soirée d’information. Les locaux ont répondu présent : la salle polyvalente était pleine, du monde a dû rester debout au fond de la salle. Soit quelque 250 personnes, des gens âgés, mais également les jeunes de la commune.

Après deux brèves présentations, les citoyens ont pu intervenir. Point d’orgue: les témoignages de différentes victimes. Des femmes qui disent leurs maux, le physio durant des mois, la peur de sortir. Et puis un jeune, objet du déchaînement de violence de la dernière bagarre. La voix tremblante, du fond de la salle, il raconte avoir eu une dent cassée, avoir failli perdre un œil. Juste avant lui, une habitante dit qu'elle avait signalé une bande de jeunes agressifs à la police. «On m’a envoyée balader.» Luc Broch, major responsable de la police cantonale de proximité, s’excuse, dit qu’il va faire le nécessaire. «Vous vous en foutez ! Et c’est grave», conclut, ému, le jeune homme. L’officier lui assure du contraire.

«Nous avons peur»

Tout au long de la soirée, les habitants ont surtout fait part de leur inquiétude après la série de délits et le déchaînement de violence. «Nous avons peur, on veut savoir si ça avance?» et de leur agacement, car ils ont le sentiment que la police ne les écoute pas, les faisant attendre quand ils appellent. Face à eux, policiers et politiques se sont employés à les rassurer. «Oui, la police prend l’affaire au sérieux, l’enquête a permis l’identification de certains auteurs», affirme Luc Broch. On n’en saura pas plus, séparation des pouvoirs oblige, se justifie le major Broch. Le Ministère public est en charge de l’enquête, si nécessaire avec la brigade des mineurs. Cette dernière sera citée plus d’une fois. Faut-il comprendre que des mineurs sont impliqués ? Il n’y aura pas de réponse.

Les habitants ont fait part de leurs mauvaises expériences, demandé des détails sur les procédures policières. Ils se plaignent de trafics dans la commune, d’une frontière poreuse qui leur pose problème et de délais d’attente interminables avant de voir des uniformes. Ils demandent plus de patrouilles, des douaniers, de la vidéosurveillance ou encore plus de lumière.

Peu à peu, l’assemblée s’échauffe. On évoque l’achat de sprays au poivre, on pense à s’armer, ou encore à monter une milice. La police met en garde: utiliser une arme pour sa défense est interdit. Quant à des milices populaires : c’est une mauvaise idée, avertit Luc Broch, vous pourriez commettre des infractions, cela se retournerait contre vous. Pour ce qui est de connaître l’identité des malfaiteurs et de placarder leurs visages? « Non, nous ne sommes pas dans un western», conclut Luc Broch.