Genève

03 avril 2019 16:36; Act: 03.04.2019 23:57 Print

20 ans et internement pour le meurtrier d'Onex

par Léonard Boissonnas - L'homme accusé d'avoir tué sa voisine puis brûlé son corps en 2015 a écopé d'une peine extrêmement lourde, mercredi.

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Le corps de la victime avait été retrouvé dans un endroit isolé de l'Ain (F), deux ans après les faits. (Photo: Keystone)

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Une faute?

Le Tribunal criminel de Genève a rendu son jugement: il a reconnu coupable d'assassinat le Portugais de 53 ans, qui avait tué sa voisine âgée de 73 ans en 2015. Il a été condamné à 20 ans de prison pour assassinat, séquestration et enlèvement, atteinte à la paix des morts et vol, entre autres. Une mesure d’internement a aussi été prononcée.Un peu moins que ce qu’avait requis le procureur Endri Gega, soit la perpétuité et l'internement.

«Il s’en est pris à une femme âgée qu’il connaissait bien, ne lui laissant aucune chance, puis a repris le cours de sa vie»: a notamment décrit la présidente du Tribunal criminel, Alessandra Armati.

Le temps de se voir mourir

Pour les juges, la faute du quinquagénaire est «extrêmement lourde»: il a pris la vie d’autrui de manière «atroce» pour un mobile égoïste, à savoir s’approprier les 40’000 euros que sa voisine avaient retirés le jour du crime. Il l’a attirée chez lui, l’a attachée avec des menottes, puis l’a étranglée «pendant de longues minutes»: «Elle a eu le temps de se voir mourir», a relevé la présidente. Il a par la suite utilisé les cartes bancaires de la défunte, «vidant les comptes de cette dernière».

La collaboration du coupable a été «nulle et inexistante»: il a nié les faits pendant quatre ans, cherchant «intensément» à brouiller les pistes en tentant de faire accuser quelqu’un d’autre au moyen de lettres anonymes. «Il n’a pas hésité à construire un édifice de mensonges», a résumé Alessandra Armati. Enfin, les juges ont pointé le risque de récidive élevé, relevé par l’expertise psychiatrique.

«On peut commencer à faire notre deuil»

«C’est un soulagement, on peut commencer à faire notre deuil», a réagi le frère de la victime, après l’énoncé du verdict. «Le tribunal a tenu compte des souffrances du frère et de la soeur», s’est félicitée Me Lorella Bertani, avocate de la partie plaignante. Les avocats du condamné, Me Eric Beaumont et Me Cécile Bocco, ont déploré «une peine très lourde». Ils vont réfléchir avec leur client à l’opportunité d’un appel.

Corps brûlé une semaine après

Les faits remontent au 5 février 2015, à Onex. Il était reproché au prévenu d'avoir attiré sa voisine chez lui, puis de l'avoir étranglée dans le but de lui voler 40'000 euros. Le lendemain du crime, après sa journée de travail, il a transporté le corps dans une zone boisée située dans l'Ain (F). Il est revenu une semaine après sur place pour le brûler au moyen de diesel et de housses. Il a ensuite continué de faire croire que la malheureuse était toujours en vie, notamment en faisant des retraits avec ses cartes bancaires vêtu d'une veste à capuche appartenant à la victime. Arrêté, il a nié pendant près de deux ans avoir affaire avec la disparition de l'aînée. C'est finalement par l'entremise d'un agent infiltré que les restes calcinés de celle-ci ont pu être localisés, le 13 mars 2017.

A l'audience, la semaine passée, l'accusé avait réfuté la thèse de l'assassinat, expliquant que le décès était accidentel. Selon ses explications, il se serait disputé avec sa voisine, puis l'aurait poussée avec vigueur d'un geste de la main. La vieille dame aurait perdu l'équilibre et serait tombée de tout son poids sur un montant de lit. Une version que les juges ont balayée, mercredi.