Genève

02 avril 2019 16:09; Act: 02.04.2019 18:20 Print

200 tentes pour réclamer des abris pour les SDF

par Maria Pineiro/ats - Plusieurs associations ont monté un village de tentes éphémères pour alerter les autorités sur le manque de places annuelles.

Une faute?

Mardi au petit matin, quelques dizaines de personnes actives dans la défense des sans-abri ont monté 200 tentes sur la plaine de Plainpalais. L’opération, menée par des associations telles que l'Armée du Salut, Bateau Genève, Caritas, le Centre de la Roseraie, le Centre social protestant, Espace solidaire Pâquis, le CARE et Première ligne, visait à alerter la population sur le manque de places d’accueil pour les personnes précaires durant l’été et pointer un besoin calculé à 400 au minimum. «Nous voulons rendre visible l'invisible. Selon les années et la situation internationale, il peut y avoir jusqu'à mille personnes qui n'ont pas de toit, a insisté Alain Bolle, directeur du Centre social protestant de Genève. »

«Les abris d’hiver ont fermé leurs portes le 31 mars. Cela fait 150 lits de moins et autant de personnes à la rue», a calculé Valérie Spagna, directrice de l’accueil de nuit à l’Armée du Salut. Les participants exigent des autorités qu’elles proposent un accueil estival en surface et non plus en abris PC, solution jugée insatisfaisante. «Pour sortir ces personnes de leur grande précarité, il faut leur proposer un toit, sinon toute leur énergie est tournée vers la recherche d'un lit et de nourriture au jour le jour. Des préoccupations qui ne leur permettent pas de s'engager dans la recherche d'emploi, par exemple», a-t-elle souligné.

Pour le directeur de Caritas Genève Dominique Froidevaux ce qui est souhaité c'est «la première marche. A partir du moment où la personne bénéficie d'une toit, la réinsertion peut parfois aller très vite.»

Le financement est également pointé du doigt. «Aujourd’hui, la Ville porte tout le poids de la gestion de l’urgence. Les autres collectivités se refilent la patate chaude, a détaillé Alain Bolle, directeur du CSP. Le canton et les autres communes doivent désormais faire leur part pour augmenter les ressources. il faut une vraie volonté politique pour faire avancer les choses» Il y a chez les politiques «une grande angoisse de l'appel d'air que nous contestons», estiment les associations.

Interpellé, le Département de la cohésion sociale (DCS) a regretté «de ne pas avoir été informé de cette action médiatique par les associations partenaires. Faire cavalier seul sur une thématique aussi importante va à l'encontre de l'esprit de partenariat mis en œuvre depuis plusieurs années par le Conseil d'Etat, notamment dans le suivi du "Rapport pauvreté" et son groupe de travail spécifique sur le logement et l'hébergement d'urgence».

Le Département de la cohésion sociale a indiqué «défendre le principe d'un dispositif réunissant le Canton, la Ville, les communes et les associations. Ce dispositif doit toutefois rencontrer l'adhésion du Conseil d'Etat ainsi que des communes». Un groupe de travail de suivi du rapport pauvreté devrait rendre ses conclusions en juin. Henri Della Casa, porte-parole du département a précisé que «nombre des associations signataires du communiqué de presse bénéficient aujourd'hui de subventions cantonales pour l'accomplissement de leurs activités d'action sociale dans un principe de subsidiarité».