Protection de l'Amazonie

12 octobre 2019 16:35; Act: 12.10.2019 17:54 Print

Manif à Genève: «Nous ne voulons pas de ce traité»

250 personnes se sont réunies samedi à Genève pour la protection de l'Amazonie et dénoncer l'accord AELE-Mercosur.

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Les manifestants ont ciblé les effets de la déforestation provoquée par l'industrie agroalimentaire. (Photo: Keystone)

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L'accord de libre-échange entre l'AELE et le bloc sud-américain du Mercosur scandalise les ONG. Environ 250 manifestants se sont réunis samedi à Genève pour la protection de l'Amazonie et pour appeler le conseiller fédéral Guy Parmelin à ne pas signer cet arrangement.

Ils se sont retrouvés à l'appel de 21 ONG et syndicats pour soutenir les autochtones brésiliens, dans le cadre de la Semaine de la mobilisation des peuples lancée jeudi et prévue pour une dizaine de jours. «La Suisse se fait complice» de la destruction de l'Amazonie si elle signe l'accord avec le Mercosur, selon eux.

«Nous ne voulons pas de ce traité», a crié une responsable du syndicat Uniterre devant des manifestants qui ont hué le Conseil fédéral et le président brésilien Jair Bolsonaro. «C'est une aberration pour le climat, pour l'environnement» et pour les agriculteurs, a-t-elle ajouté.

Plusieurs organisations avaient demandé à Berne une étude d'impact sur les droits de l'homme et environnementaux avant de finaliser l'accord mais l'administration fédérale remet en cause les modes utilisés pour ce type d'évaluation. Une pétition contre l'accord, munie de 65'000 signatures, avait été remise fin août à la Chancellerie fédérale.

Berne avait toujours affirmé qu'un accord entre l'UE et le Mercosur rendrait urgente la finalisation d'un arrangement similaire pour l'Association européenne de libre-échange (AELE) dont font partie la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège et l'Islande. Mais les tensions récentes de certains pays européens avec le Brésil et les revendications de certains syndicats pourraient retarder la signature entre l'UE et les quatre pays sud-américains.

Policiers devant le consulat

Un scénario qui ralentirait également le besoin de formaliser l'accord pour la Suisse, selon des sources proches du dossier. «Ce moment est très important pour nous», a relevé samedi une représentante des populations autochtones en Amazonie qui a demandé une union pour protéger ce territoire au Brésil.

Les organisateurs du rassemblement avaient souhaité relayer leurs revendications devant le consulat brésilien de Genève. Face au refus, ils ont dénoncé une entrave aux libertés fondamentales. Deux policiers sont restés positionnés pendant plusieurs heures devant la représentation brésilienne.

Plus largement, les manifestants ont ciblé les effets de la déforestation provoquée par l'industrie agroalimentaire. Notamment la pollution, la destruction de l'environnement ou les assassinats de défenseurs des droits environnementaux.

Discussion prévue à l'ONU à Genève

Parmi les plus actifs dans le rassemblement, des Equatoriens protestaient contre la politique du président Lenin Moreno qui a augmenté de plus de 100% le prix du carburant. Les violences liées aux manifestations dans leur pays ont fait des dizaines de victimes. «Moreno assassin», criaient ces Equatoriens de Genève qui appelaient le «traître» à quitter le pouvoir.

De nombreuses personnes ont dénoncé l'impunité dont jouissent, selon elles, des multinationales responsables de «crimes économiques et écologiques». Et de critiquer Genève qui accueille de nombreux acteurs du négoce de matières premières. Des banderoles demandaient de voter en faveur de l'initiative populaire pour des multinationales responsables.

Une nouvelle réunion est prévue de lundi à vendredi à l'ONU à Genève pour tenter de négocier un accord international contraignant sur les règles en terme de droits de l'homme pour ces entreprises.

(nxp/ats)