Genève

29 août 2019 23:06; Act: 30.08.2019 02:56 Print

Acide explosif au CMU: possible «erreur de tri»

par Léonard Boissonnas - La matière potentiellement dangereuse, convoyée avec de gros moyens mercredi soir, a été repérée suite à un contrôle au Centre médical universitaire. Un acte malveillant est exclu à ce stade.

Le convoi sécurisé a traversé Genève à vitesse très réduite.
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Près d’une dizaine d’artères bloquées, une septantaine d’agents déployés, une information à la population. De gros moyens ont été engagés mercredi soir pour sécuriser le parcours du véhicule blindé des démineurs de la police cantonale genevoise. Ceux-ci acheminaient 100 grammes d’acide picrique, de Champel vers leur lieu de destruction, une gravière située à Bernex. Près de deux heures de trajet ont été nécessaires pour couvrir la douzaine de kilomètres en toute sécurité.

Convoi similaire une semaine avant

Le produit, qui se trouvait sous une forme cristalline et donc explosive, avait été retrouvé dans l’après-midi au Centre médical universitaire (CMU), au local de traitements des déchets spéciaux. La découverte a été faite lors d’un «inventaire détaillé», mené par l’Université de Genève (Unige). Celui-ci faisait suite à la mise au jour de ce même acide au Centre de déchets spéciaux des Cheneviers, une semaine auparavant. Une quantité de 500 grammes de cristaux avait été détruite, indique la police. Un convoi similaire à celui de mercredi avait été mobilisé à cette occasion. Toutefois, le parcours ne durant que quinze minutes sur 4 km en rase campagne avec des habitations éloignées, les forces de l’ordre n’avaient pas jugé nécessaire de diffuser une information. «Ce produit faisait probablement partie d’un lot de déchets spéciaux en provenance du CMU, selon l’enquête de police en cours», explique l’Alma Mater, qui a donc immédiatement procédé à un contrôle.

Comparable à une grenade de l'armée

Si l’origine des 100 grammes détruits mercredi reste à confirmer, «tout indique qu’il s’agit d’une erreur de tri», ajoute l’Uni, qui exclut à ce stade un acte malveillant. Transportée dans un cylindre ultra-sécurisé, la matière ne représentait pas un danger concret pour la population. Toutefois, les forces de l’ordre ont voulu prendre cet ensemble de précautions notamment pour éviter d'éventuelles lésions auditives, en cas d’explosion. La déflagration aurait été comparable à celle d’une grenade à main de l’armée suisse, selon l’Unige. L’institution précise qu’elle va désormais, «bien sûr, s’assurer du cheminement que le lot détruit mercredi a suivi à l’intérieur du CMU.» Quant au lot retrouvé le 22 août aux Cheneviers, les investigations policières sont toujours en cours.