Genève

15 octobre 2019 06:15; Act: 15.10.2019 08:29 Print

Alliance hétéroclite pour sauver les arbres

par Lucie Fehlbaum - Un collectif aux membres venus de divers horizons dépose deux projets de loi pour protéger les arbres et instaurer des états généraux de la biodiversité.

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Le Collectif 10 déplore un développement "ni équilibré, ni durable". (Photo: Keystone)

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Si l'été qui vient de s'achever à Genève était une chanson, elle s'intitulerait sûrement «Coupes d'arbres et émois». Les divers abattages, tantôt pour cause de végétaux malades, tantôt pour développer le bâti, ont causé des tollés et motivé un groupe à monter au front. Le Collectif Article 10, réunissant les associations Sauvegarde Genève et SOS Patrimoine ainsi que des représentants du MCG, du Parti évangélique (PEV) et l'ex-député PDC désormais indépendant Guy Mettan, a présenté lundi deux projets de loi (PL), que ce dernier a déposés au Grand Conseil.

États généraux de la biodiversité

Le premier PL veut déclarer «d’utilité publique le patrimoine naturel et architectural genevois». Le second impose «un moratoire immédiat sur l'abattage d'arbres dès 50 centimètres de circonférence, dans l’attente d’états généraux de la biodiversité», indique Florian Baier, président du PEV Genève. Des états généraux qui «traiteraient des sols, des arbres, des buissons et de l'eau» et «viseraient à corriger le tir par rapport à la politique d'abattage». Pour Florian Baier, la coupe a débordé avec le chantier des Allières, où seront construits 400 nouveaux logements. «On a sacrifié un petit bois intact, avec plus de 100 arbres centenaires, un sol de grande qualité, des écureuils. Cela restera gravé dans les annales.»

«Déficit démocratique»

Le Collectif Article 10 s'élève contre le développement du Canton, «qui n'est ni équilibré ni durable», selon lui. Il qualifie la procédure d'abattage des arbres de déficit démocratique, déplorant que les associations de quartier ne soient pas consultées. «Le Service des espaces verts de la Ville de Genève et la Commission des monuments, de la nature et des sites font figure de pantins désarticulés, il faut leur redonner un réel pouvoir de protection», estime Florian Baier.

«Opportunisme politique»

«Le paradigme a changé depuis deux ou trois ans, souligne Pierre Eckert, chef de groupe Verts au Grand Conseil. Il fallait développer absolument. Aujourd'hui, le végétal est prioritaire. Mais la nécessité de construire vient aussi d'une fiscalité et d'une promotion économique très attractives qui ont été décidées pour Genève! En terme de bilan carbone, il est préférable de bâtir en ville plutôt que d'encourager les déplacements depuis Vaud ou la France.» L'élu indique que son groupe ne s'opposera pas aux PL du Collectif Article 10. Il ne les signera pas non plus, les jugeant opportunistes. «Nous tenons à un certain état de droit. Le projet des Allières, par exemple, a été décidé en 2011 à l'unanimité, y compris par le MCG. S'émouvoir aujourd'hui de sa réalisation n'est pas cohérent.»

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Les commentaires les plus populaires

  • JB le 15.10.2019 07:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop au bétonnage

    Il faut à un moment dire simplement stop au développement de Genève et cesser ce bétonnage qui ne profite qu'aux patrons des grandes entreprises et des multinationales (et à Hodgers) Trop c'est trop. Commençons par donner du travail et une qualité de vie à ceux qui habitent Genève au lieu d'attirer des travailleurs qui viennent toujours de plus en plus loin. Préservons le peu de nature qu'il nous reste et replantons des arbres.

  • Marco le 15.10.2019 07:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un bétonnage stupide

    Vous pouvez recouvrir le canton de bâtiments, cela ne va pas stopper les frontaliers pour autant. Financièrement, ils ont avantage à travailler à Genève et dépenser leur argent en France. La France voisine n'apporte que la main-d'oeuvre bon marché mais rien à notre économie locale.

  • mjodepoupougne le 15.10.2019 06:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vrais parcs

    Enfin ça bouge,bravo,des simples petits parcs très jolis avec des vrais (pas en pots) arbres qui protègent de la chaleur avec juste des bancs pour lire et se reposer ,cela donnerai un sens dans des quartiers trop chargés d'humains qui ne se parle qu'au téléphone..... les enfants aussi aiment ça.

Les derniers commentaires

  • Yan Amarre le 17.10.2019 00:00 Report dénoncer ce commentaire

    Genève la laideur institutionnelle

    Genève peut se vanter d'être un des plus laide ville de Suisse voir du monde, (on fait abstraction de la rade, pas encore détruite par des constructions, ça ne saurait tarder!!!.) Tout est laid, il n'y a aucune cohérence entre les constructions, les places comme cornavin ou bel air sont insipides et inhumaines, encombrée de trams,bus et taxis et piétons , le quai des Bergues vient d'être refait et que trouve t'on ...des parking pour friqués!!!! Sur tout le tronçon c'est un compromis totalement aberrant entre voitures, piétons et mobilité douce sur un sol de pavés ? AUCUNE VEGETATION pitoyable!

  • Pouce Vert le 16.10.2019 14:28 Report dénoncer ce commentaire

    Au revoir Monsieur le Chef

    Combien de fois faudra-t-il le redire ? Beaucoup d'arbres sont abattus au cente ville ! Le chef des Espaces Verts doit prendre ses responsabilités et laisser ça place ! Il n'a jamais eu l'approbation des genevois pour sa politique d'abattage massive. Au revoir Monsieur de directeur le chef des espaces verts

  • Silvia Fabiani le 16.10.2019 12:03 Report dénoncer ce commentaire

    Développer absolument? NON

    Non, il ne faut pas "développer absolument". Une ville ne peut pas grandir à l'infini; surtout pas une ville comme Genève, entouré par un lac, des montagnes et des terrains agricoles. De la même façon, ne peut pas grandir à l'infini le nombre de voitures qui circulent dans ses rues. Le prix du développement actuel on le paie déjà: laideur hallucinante de certains quartiers, chaleur insupportable (et dangereuse) en été, problèmes sociaux de plus en plus difficiles à gérer. On veut continuer?

  • Xiauyan le 16.10.2019 07:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    les hommes en ville les ecolos dans la foret

    les arbres n ont pas leur place en ville. il y en a plein les forets. il n y en a jamais eu autant en suisse.

  • Acacias le 15.10.2019 21:36 Report dénoncer ce commentaire

    Bureaux vides

    L'État fait abattre des arbres et construire des surfaces de bureau qui restent vides. Plus de 300'000 m2 de surfaces commerciales et administratives sont actuellement vacants et ce chiffre pourrait bien s'approcher du million d'ici 3 à 5 ans avec les nouvelles constructions. Genève ne sera bientôt plus qu'un immense quartier d'affaires pour faire plaisir à notre caste de mégalos au pouvoir.