Genève

06 mai 2019 18:45; Act: 06.05.2019 21:05 Print

Après Uber et Kapten, Lymo lance son service

La guerre des VTC fait rage sur les routes genevoises. Lymo, le dernier arrivé, lance à son tour son activité dès ce vendredi.

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Particularité de la plateforme, les clients pourront choisir entre chauffeurs privés et taxis. (Photo: Keystone/Fabrice Coffrini)

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Genève s'impose véritablement comme l'eldorado helvétique des services de véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC). Après l'arrivée de Kapten en février 2019, la jeune pousse genevoise Lymo lance vendredi son activité, vantant elle aussi une approche «éthique». Particularité de la plateforme, les clients pourront choisir entre chauffeurs privés et taxis.

Plus qu'un simple service de VTC, Lymo revendique le lancement du premier comparateur de courses au monde. La plateforme permet de ménager la chèvre et le chou, soit «maximiser les revenus des chauffeurs indépendants» mais aussi garantir les prix les plus bas pour les clients, assure lundi la société genevoise dans un communiqué.

Temps d'attente réduit

Côté chauffeurs, la «bourse aux courses» organisée par Lymo promet des temps d'attente réduits. A en croire la jeune pousse, les indépendants abonnés aux autres services passent 60% de leur journée à ronger leur frein derrière le volant. Autre avantage mis en avant, la possibilité de fixer un tarif permettant un «niveau de vie acceptable» avec un mécanisme pour éviter les sous- et surenchère «excessives».

Pour sa part, Lymo ponctionne un montant maximal de 35 francs (5 francs sur les sept premières courses) par semaine aux chauffeurs et ne perçoit pas de commissions ensuite. Les plateformes concurrentes touchent jusqu'à 27% de commission sur chaque trajet (Uber) ou 700 francs d'abonnement par mois (centrale Taxiphone), rappelle la société.

Les clients devraient bénéficier d'une baisse des prix et d'une augmentation de la qualité des prestations, souligne le communiqué. Lymo permet de comparer les tarifs proposés par les chauffeurs VTC et les taxis, qui présentent l'avantage de pouvoir utiliser les voies rapides.

La principale centrale genevoise, Taxiphone, semble cependant hostile à Lymo. «Laisser les chauffeurs fixer les tarifs? Ce serait la jungle», avait averti Cédric Bouchard, directeur de Taxiphone, en février, dans un article de la Tribune de Genève.

Pour l'instant, Lymo va déployer ses prestations depuis Genève uniquement. «Nous ciblons à moyen terme 20% à 30% des quelque 2000 chauffeurs présents à Genève, taxis et VTC réunis», explique à AWP la directrice générale Mélanie Malhamé. «A partir de 500 chauffeurs, nous sommes rentables», renchérit Alex Sabbag, l'un des fondateurs.

Environ 1,7 million de recettes

Le marché genevois représente environ 120 millions de francs de courses par an. «Nous allons tabler sur 1,5% de l'ensemble, soit à peu près 1,7 million de francs de revenus annuels. Avec ça, nous pouvons s'en sortir, sans gagner d'argent», selon M. Sabbag. L'expansion géographique revêt à ce titre une importance capitale pour Lymo.

La plateforme devrait s'exporter à Zurich au deuxième semestre 2019, puis dans d'autres villes suisses et à l'étranger. Lymo a développé un système de franchise pour faciliter la croissance internationale. Le lancement intervient dans un contexte de discorde entre les autorités genevoises et les plateformes VTC - essentiellement Uber - accusées de ne pas respecter les dispositions légales sur les travailleurs indépendants.

Jeune pousse suivie de près

Du côté du canton, on estime qu'il encore trop tôt pour se prononcer sur Lymo. Contactés par AWP, les services du conseiller d'Etat Mauro Poggia ont souligné qu'ils vont continuer de suivre la situation «de très près». «Nous avons rencontré l'équipe de M. Poggia à ce sujet, car c'est important pour nous d'être alignés. Nous regardons avec eux comment mettre en place le bon système de vérification», note Mélanie Malhamé.

Fondée en 2017, la jeune pousse a bénéficié du soutien financier de plusieurs personnalités, dont le conseiller national libéral-radical Christian Lüscher, qui siège au conseil d'administration. Les cofondateurs sont l'homme d'affaires genevois Majed Samawi et Alex Sabbag, un ex-cadre de Procter & Gamble puis de Manor.

Lymo n'est pas l'unique solution locale, puisque la plateforme genevoise Driven propose ses services depuis octobre 2017. Le géant américain Uber opère dans la Cité de Calvin depuis septembre 2014. Le concurrent français Kapten était jusqu'ici le dernier arrivé en date.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • GT le 06.05.2019 20:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Taxés les Stés US

    Ces sociétés collaboratives sont une arnaque. Finalement, ces grosses entreprises basées à l'étranger empochent un max sans payer un sou à la Confédération et en coulant des entreprises locales. Airbnb, même combat.

  • Zypss le 06.05.2019 20:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Incohérence totale

    «maximiser les revenus des chauffeurs indépendants mais aussi garantir les prix les plus bas pour les clients» Tellement incohérent ce model d'affaires que je me mets à rigoler

  • erij le 06.05.2019 21:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quand l'état en profite bien!!!

    super pour les taxis qui payent des frais de malade ,(formation, permis,centrale, plaque...) Et les autres ils arrivent les pieds sous la table !!!

Les derniers commentaires

  • 1 / 2 le 07.05.2019 11:02 Report dénoncer ce commentaire

    Rep

    Il faudrait songer à s'informer avant de parler, Lymo est basé à Genève

  • Joss le 07.05.2019 08:09 Report dénoncer ce commentaire

    Quand Genève devient poubelle économique

    Comment pousser le chauffeurs à sebprecariser entre eux, alors que Lymo empoche un tarifs fixe... Incohérence.... Ils poussent les chauffeurs à s entre tuer, et ils appellent ça l économie participative.... Le gag.... Honte à Genève

  • Bachi-bouzouk le 07.05.2019 01:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Que tout ceux qui critiques

    Cette uberisation de la société, j'espère pour eux qu'il n'achète pas sur Amazon qui est un market place qui fonctionne de la même manière si jamais.

  • Bachi-bouzouk le 07.05.2019 01:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rien de plus simple avec les app

    Maintenant tout le monde qui a du capital peu faire ça boîte de vtc, il existe des app complète comme Uber pour faire cela, l'app coûte 10k donc pas excessif par rapport à ce qu'elle peu rapporter. Avec une petite structure c'est jouable.

  • luigi le 06.05.2019 21:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vole estuce

    Trop bête dans cette ville on laisse faire uberrisation. Dans tous transport alimentation communication quoi encore. Les petit comerce ce fini? Un peut de réflexion ce impose.

    • Baloo Laloo le 08.05.2019 19:28 Report dénoncer ce commentaire

      Tous pauvres

      Vous avez raison, mais moi qui a été libraire, quand je me suis retrouvé sans emploi, une majorité pensait que c'était mérité parce que nos livres sont moins cher sur Amazone ! Quant on sait qu'un salaire dans la branche ne dépasse jamais 4000.- on se demande comment agir pour vendre moins cher que le pris imposé par les distributeurs....