Genève

07 novembre 2019 15:20; Act: 07.11.2019 15:43 Print

Art contemporain: deux fonds publics, est-ce trop?

La Cour des comptes se demande s'il est pertinent d'avoir des fonds municipal et cantonal, et donc deux collections, alors que leurs buts sont identiques.

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En 2009, les fonds cantonal et municipal d'art contemporain avaient initié ce projet d'art public offrant la possibilité à des artistes plasticiens d'équiper de néons les toits de certains immeubles situés en bordure de la plaine de Plainpalais.

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La Cour des comptes invite le Canton et la Ville de Genève à s'interroger sur la pertinence d'avoir deux fonds d'art contemporain sur le même territoire. Le FCAC (fonds cantonal) et le FMAC (fonds municipal) possèdent chacun leur collection d'œuvres, alors qu'ils poursuivent les mêmes buts.

Cette recommandation a été émise dans le cadre de l'audit de performance de ces deux outils. Elle vise à répondre à la modification constitutionnelle qui a suivi l'acceptation de l'initiative «Pour une politique culturelle cohérente à Genève», notamment en matière de répartition des tâches entre le canton et les communes.

Rendu public jeudi, cet audit a cherché à savoir si les deux fonds atteignent leurs buts, sous l'angle de l'économie et de l'efficience. Il a été lancé à la suite d'une communication citoyenne sur de possibles dysfonctionnements au FCAC. La Cour a alors décidé de l'étendre au FMAC. «Le domaine étant pointu, un expert a été mandaté», a précisé la magistrate Isabelle Terrier.

Œuvres de qualité, diffusion limitée

Les œuvres acquises par les deux fonds sont de qualité, et le soutien aux artistes actifs à Genève est pertinent, constate la Cour. Mais l'un comme l'autre ne disposent pas de stratégie définie pour atteindre leurs objectifs. Le budget annuel moyen de chacun des fonds s'élève à 1,4 million de francs, hors charges de personnel.

En matière de sensibilisation du public, la diffusion des œuvres est limitée. Seulement 7% des 3'200 œuvres mobiles du FCAC ont participé à des expositions depuis 2003. Du côté du FMAC, deux tiers des 2'500 œuvres mobiles n'ont jamais été présentées. A noter que les deux fonds possèdent aussi des œuvres dans l'espace public: 200 pour le FCAC et 250 pour le FMAC.

Politique de restauration

Autres constats communs: l'absence de recensement de l'état de conservation des œuvres et de politique de restauration. En outre, le FCAC a quatre ans de retard dans l'inventaire scientifique de ses œuvres et ne dispose pas d'un lieu de stockage adéquat. A ce sujet, sa responsable, Diane Daval, a précisé qu'il s'agit d'un problème de variation de température, mais que l'hydrométrie est parfaite.

La Cour des comptes a adressé treize recommandations au FCAC et douze au FMAC, qui ont toutes été acceptées. Magistrat de tutelle du FMAC, Sami Kanaan s'est dit «convaincu de la pertinence d'avoir un fonds d'art contemporain en Ville de Genève. Le système fédéraliste permet à chaque niveau de mener sa propre politique.» Selon la responsable du FCAC, les ressources manquent pour la diffusion des œuvres.

(ats)