Cointrin (GE)

03 décembre 2019 18:02; Act: 04.12.2019 14:10 Print

Dialogue rompu entre Swissport et les syndicats

par Léonard Boissonnas - Les négociations en vue d'une nouvelle CCT pour les employés de l'entreprise d'assistance au sol sont au point mort. Les syndicats vont saisir la Chambre des relations collectives de travail.

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Une hausse de salaire fait partie des revendications des employés. (Photo: Keystone/Gaetan Bally)

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Colère syndicale contre la direction de Swissport. Dans un communiqué, les syndicats SSP et SEV-GATA dénoncent la fin brutale des négociations entreprises en juin dernier en vue de conclure une nouvelle Convention collective de travail (CCT) pour les employés de l'entreprise à l'aéroport de Genève. Lundi, «la direction de Swissport a quitté la table, laissant la délégation syndicale en plan, alors même que la validité de la CCT arrive à son terme au 31 décembre 2019», déplorent les syndicats.

Revalorisation salariale, amélioration du statut des auxiliaires ou progression des conditions liée au temps de travail faisaient partie des revendications. Selon les syndicats, la direction de Swissport est restée inflexible et a proposé de reconduire la CCT pour trois ans avec des améliorations qualifiées de mineures.

«Les salaires ne permettent plus de vivre à Genève»

Sur mandat de l'assemblée du personnel, la délégation syndicale va saisir la Chambre des relations collectives de travail (CRCT) pour «trouver une issue favorable à cette situation de blocage engendrée par la direction». «Si la conciliation échoue, toutes les mesures de lutte seront étudiées, y compris la grève», indique Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical de SSP. Il craint qu'une décision de la CRCT n'intervienne pas avant la fin de l'année.

Jamshid Pouranpir rappelle que «les salaires actuels ne permettent plus de vivre à Genève»: «Il y a par exemple des employés qui travaillent au maximum 34 heures par semaine pour un taux de travail entre 60 et 70%, expose-t-il. Ils gagnent entre 3200 et 3500 francs par mois. Ces gens finissent par démissionner et la direction les remplace par des auxiliaires car elle n'engage plus du personnel à plein temps. Malheureusement, seuls des travailleurs habitant de l'autre côté de la frontière peuvent vivre avec ce type de salaire. Il y a indirectement une substitution de la main d'oeuvre locale par une main d'oeuvre frontalière.» Selon le secrétaire syndical, Swissport compte quelque 1200 employés à l'aéroport de Genève, dont 1000 sont soumis à une convention collective.

Swissport déplore

De son côté, Swissport indique dans un communiqué diffusé mercredi «être très attaché au partenariat social» et «avoir soumis un grand nombre de propositions aux représentants syndicaux». Toutefois, «les syndicats persistent à maintenir la totalité de leur cahier de revendications, dont la direction a démontré que les coûts associés ne sont pas financièrement viables pour l’entreprise.» Celle-ci dit déplorer cette situation de blocage et rejette les mesures de lutte émises par les syndicats. «La direction de Swissport Genève invite donc les syndicats à reprendre le dialogue dans le cadre d’une médiation afin de pouvoir maintenir les CCT». La société d’assistance au sol souligne qu’elle est «l’une des dernières entreprises de la plateforme à maintenir une CCT à l’aéroport de Genève et celle-ci est reconnue comme la plus généreuse du secteur».