Ville de Genève

11 mars 2019 14:42; Act: 11.03.2019 17:50 Print

Le Parquet met Barazzone et Pagani en prévention

L'affaire des notes de frais des élus refait se poursuit. Selon «Le Temps», quatre conseillers administratifs vont être entendus par le Ministère public.

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La situation de Rémy Pagani et Guillaume Barazzone prend une tournure judiciaire. (Photo: Keystone)

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Nouvel épisode dans l'affaire des notes de frais à Genève: quatre conseillers administratifs ont été convoqués par le Ministère public, révèle «Le Temps» lundi. Il s'agit en premier lieu de Guillaume Barazzone (PDC) et Rémy Pagani (Ensemble à Gauche). Tous deux seront entendus comme prévenus. Le maire Sami Kanaan (PS) et Esther Alder (les Verts) ont aussi été appelés mais en qualité de personnes appelées à donner des renseignements, un statut hybride entre en témoin et prévenu. Seule Sandrine Salerno (PS) n'a pas été convoquée.

Pour rappel, le Ministère public avait perquisitionné les bureaux des quatre conseillers administratifs de la Ville de Genève (la magistrate du PS n'était pas concernée) le 7 novembre dernier.

La Cour des comptes du canton du bout du lac avait publié le 1er novembre un rapport dénonçant les excès de dépenses de certains élus de l'exécutif. Guillaume Barazzone, par exemple, s'était vu rembourser 42'000 francs en 2017, dont plus de 17'000 francs pour les frais de téléphonie mobile. Il avait expliqué qu'il avait en partie confondu sa carte de crédit privée avec celle de la Ville parce qu'elles se ressemblaient. Il avait avoué des erreurs et remboursé plus de 50'000 francs à la Municipalité.

Sami Kanaan, qui est responsable de la culture et du sport, avait eu 27'000 francs de frais annuels moyens. Il avait expliqué qu'il s'agissait principalement de frais de voyage et que tout cela était lié à sa fonction politique.

Barazzone réitère ses excuses publiques

Contacté, Rémy Pagani a indiqué n'avoir «aucune déclaration à faire en l'état. Je réserve mon avis pour le juge.» Guillaume Barazzone a pour sa part choisi de s'exprimer sur Twitter. Il y écrit que «cette audition en qualité de prévenu était attendue». Il explique avoir «tiré les conséquences politiques de cette affaire», en ne briguant pas de nouveau mandat en Ville comme au Conseil national. Il rappelle et réitère ses excuses publiques, et répète avoir remboursé à la Municipalité ses dépenses litigieuses. Pour le reste, il réserve toutes ses déclarations au procureur général. «Je ne ferai plus aucun commentaire à ce sujet avant la fin de la procédure.»

Le maire se dit à l'aise

Le maire Sami Kanaan, pour sa part, souligne que les quatre élus étaient, dès le 7 novembre, personnes appelées à donner des renseignements. «J'imagine que c'est parce que j'étais maire que j'ai hérité de ce statut. Ce dernier n'a donc pas évolué depuis. Cela confirme que tous mes frais sont documentés et en lien avec ma fonction. Je suis à l'aise pour répondre aux éventuelles questions et n'ai rien à me reprocher.»

(cht / jef)