Genève

23 juillet 2019 15:16; Act: 23.07.2019 21:19 Print

Bruit routier: dénonciation à la Cour des comptes

par Maria Pineiro - L'Association transport et environnement (ATE) estime que le Canton est dans l'illégalité vis-à-vis des normes fédérales.

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L'ATE estime qu'il faut privilégier des mesures à la source plutôt que la pose de revêtements phono-absorbant. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Genève ne respecte pas l'Ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit. Les axes qui dépassent les limites devaient être assainis avant mars 2018. Or, a indiqué Caroline Marti, vice-présidente de l'ATE Genève mardi,« on n'y est pas. Ainsi, le Canton est dans l'illégalité alors même que les délais de mise en conformité ont été repoussés de 2002 à 2018». L'ATE a décidé de saisir la Cour des comptes genevoise afin qu'elle analyse cette politique publique.

Pour la présidente de la section genevoise, l'heure est grave. «Il s'agit d'un problème de santé publique, a martelé Lisa Mazzone. Trop de personnes sont soumises à trop de bruit, ce qui occasionne notamment des troubles du sommeil, des problèmes cardio-vasculaires ou encore des déficits de concentration.»

Coûts élevés

Outre les problèmes de santé, le dépassement des normes en matière de bruit pourrait induire des coûts pur le Canton. En effet, les propriétaires immobiliers pourraient demander des compensations financières s'il s'avère que leurs bâtiments ont perdu de la valeur. De manière générale, en Suisse, les coûts induits par le bruit s'élèvent à 1,5 milliard de francs.

Forte de cette conviction, l'ATE a décidé de saisir la Cour des comptes afin qu'elle mène un audit sur la conduite de cette politique publique. Si la CC entre en matière, alors un audit permettra de mesurer le chemin parcouru depuis 2012 et un précédent rapport de l'ancêtre de la Cour.

Prévisions trop optimistes?

Surtout, l'ATE entend bien bousculer le Canton. Ne pas le laisser se bercer de ses propres projections. Mercredi dernier, lors de son point presse, le Conseil d'Etat a en effet communiqué les chiffres de réalisation des mesures d'assainissement du bruit routier: «81% des investissements prévus étaient réalisés à fin 2018. Selon les prévisions actuelles, 98% des routes cantonales pourront être assainies d'ici fin 2022».

Une planification optimiste, d'après l'ATE qui pointe des mesures inefficaces sur le long terme. «La priorité mise sur le revêtement phono-absorbant ne tient pas compte d'autres possibilités moins chères et plus efficaces, telles que l'abaissement de la vitesse ou diminution de la densité du trafic», a déclaré Caroline Marti. Ces mesures sont préconisées par l'ATE.


Le Département des infrastructures a répondu mardi que la pose de revêtement phono-absorbant et la réduction de la vitesse légale ne doivent pas êtres opposées. Les deux «constituent des mesures d'assainissement à la source identifiées dans le Plan de mesures d'assainissement du bruit routier adopté par le Conseil d'Etat en avril 2016». Néanmoins, les autorités rappellent que «l'assainissement ne doit pas entraver de manière excessive l'exploitation ou entraîner des frais disproportionnés».