Genève

07 novembre 2016 14:57; Act: 07.11.2016 16:34 Print

De l’air pollué livré à un négociant en carburant

L’association Public Eye dénonce les pratiques de sociétés suisses qui vendent du diesel de mauvaise qualité et très polluant en Afrique.

Remise des bidons d'air pollué. (Vidéo: 20Minutes)
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«Retour à l’expéditeur». Public Eye (PE) a littéralement renvoyé de l’air pollué au diesel à la société qui l’avait distribué, lundi matin à Genève. L’opération de l’association, qui décortique l’impact des activités suisses sur les pays en voie de développement, visait les négociants en carburants. PE dénonce le fait que ces sociétés «inondent l’Afrique de carburants toxiques». Le diesel qu’elles vendent sur le continent contient en effet un taux de souffre 300 fois plus élevé que celui autorisé en Europe. Avec des conséquences extrêmement néfastes sur la santé des populations.

Lundi, l’association a donc remis une pétition signée par 20'000 personnes au siège genevois de la société Trafigura, l’un des négociants critiqués. Les paraphes demandent à l’entreprise de livrer un pétrole de meilleure qualité, proche des standards européens. Le texte était accompagné de dizaines de bidons remplis de l’air pollué d’Accra, la capitale du Ghana, Public Eye renvoyant ainsi les particules toxiques à son expéditeur.

Contactée, Trafigura estime que PE ne frappe pas à la bonne porte. «La pollution dans les villes africaines est un réel problème. Comme nous l’avons souligné suite à la publication du rapport de Public Eye, il s’agit d’un enjeu mondial qui requiert une approche intergouvernementale coordonnée nécessitant avant tout le soutien des gouvernements africains qui définissent les normes en matière de carburant», a fait savoir son service de presse.

(tpi)