Genève

29 mars 2018 07:00; Act: 28.03.2018 19:44 Print

Décompter les agressions homophobes, pas si aisé

par Jérôme Faas - Une statistique des attaques ciblant la communauté LGBTI est réclamée par Ensemble à Gauche. L’Etat soulève des difficultés techniques.

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A Genève, 2016 a été une année noire en matière d'agression contre la communauté LGBT. Une dizaine ont été recensées par les associations. Sans doute la pointe de l'iceberg. (Photo: iStock)

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Pour lutter contre un phénomène, le quantifier est indispensable. Fort de cette conviction, Ensemble à Gauche va déposer un texte parlementaire pour que la police tienne une statistique des agressions homo et transphobe.

Interpellée à ce sujet, l’association Dialogai soutient la démarche. «On réclame cela depuis longtemps, on a essayé par plusieurs biais, la police, les hôpitaux, en vain.» Son porte-parole Fabien Bertrand veut des chiffres car il pense que seule la pointe de cet iceberg nauséabond est visible. «Soit parce que les victimes ne veulent pas révéler leur homosexualité, soit car elles jugent normal de se faire agresser.»

Pour la police du bout du lac, satisfaire ce souhait est ardu: la statistique criminelle étant fédérale, Genève ne peut agir seul. Et parce ce que l’agression homophobe n’existe pas dans le code pénal, contrairement au meurtre, à la lésion corporelle, etc. «Il faudrait donc qu’une loi soit créée.»

Le Département de la sécurité juge par ailleurs que générer cette statistique réclamerait un travail disproportionné: il faudrait traiter manuellement chaque dossier de police pour en extraire d’éventuels éléments homophobes. Il considère aussi que la quantification «n’est utile que pour identifier un problème. Or, diverses mesures pour lutter contre l’homophobie ont déjà été prises.» Dialogai confirme. «On peut signaler la bonne volonté des polices, mobilisées.» Mais il tempère. «Le problème perdure.»