Genève

17 septembre 2019 19:16; Act: 17.09.2019 22:25 Print

Des Genevois veulent un indice du bonheur

par Léonard Boissonnas - Un groupe de citoyens veut inscrire le Bonheur Cantonal Brut dans la Constitution genevoise. Une démarche inspirée de ce qui se fait au Bhoutan.

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Les membres du Future Tank se réunissent depuis deux ans autour du projet. (Photo: leo/20min)

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Le bonheur est-il mesurable? Oui, répondent les huit membres de Future Tank, un groupe de réflexion composé de citoyens de tous horizons (entrepreneurs, anciens politiciens, professeur, gestionnaire de fortune, avocat, directeur de régie publique, étudiant). Ils proposent l’instauration d’un nouvel indice, le Bonheur Cantonal Brut (BCB), sorte de pendant humaniste au Produit intérieur brut (PIB), qui mesure les performances économiques d’un pays. «Nous vivons dans un monde très complexe, où beaucoup de personnes perdent leurs repères, indique Félix Urech, entrepreneur et professeur à la Haute école de gestion (HEG) et fondateur du Future Tank. Le bonheur est un dénominateur commun où tout le monde peut se retrouver.»

«C'est sérieux»

«Cela peut paraître angélique, mais c’est sérieux», déclare Christian Brunier, directeur des Services industriels (SIG) et ancien député socialiste. La démarche du Future Tank s’inspire en effet de l’exemple du Bhoutan, ce pays situé au pied de l’Himalaya qui a créé en 1972 la notion de Bonheur National Brut. La Nouvelle-Zélande est en train de mener un projet similaire et les Nations unies ont repris le concept pour établir leurs objectifs de développement durable, rappellent les membres du think tank.

Le groupe a pour but d’inscrire la notion de BNB dans la Constitution cantonale, afin que cet indice guide l’action politique. Composé d’hommes, de femmes, de jeunes, de moins jeunes, de gauche, de droite, le Future Tank se veut avant tout apolitique, hors parti: « C’est ça qui fait la force de notre proposition», estime Jacques Jeannerat, ancien député PLR au Grand Conseil. «Le but est de créer une dynamique, insiste Félix Urech. On est là pour faire réfléchir les gens.»

Cinq axes fondamentaux

Pour mesurer concrètement le bonheur, le think tank a posé cinq axes fondamentaux, comme l’a détaillé Christian Brunier: un développement économique responsable et durable, qui profite à tous; une solidarité humaine forte (santé, éducation, social); la sauvegarde environnementale; une bonne gouvernance éthique et démocratique, et enfin la promotion de la culture. «Ces cinq critères permettront d’évaluer un gouvernement ou une autorité, précise Christian Brunier. Là, il s’agit de définir un projet de société à 25 ans. Nous voulons sortir de la politique qui déçoit pour avoir un modèle de société avec une meilleure gouvernance.»

Le travail, indicateur de bonheur

A partir de ces axes, des indicateurs de bonheur vont être édictés pour évaluer la réussite de ces objectifs. Pour ce faire, le groupe de réflexion a mis en place un questionnaire pour identifier les besoins de la population. Deux groupes d’une soixantaine de personnes au total y ont déjà répondu. «Etes-vous heureux?», «Est-ce que c’est à l’Etat de s’occuper du bonheur individuel?», «Votre travail contribue-t-il à votre bonheur?», «Est-ce que l’éducation est adaptée au monde actuel?» faisaient partie des questions posées. Des premiers éléments ont été tirés de ces réponses. «On voit par exemple que le travail est un indicateur très important du bonheur, rapporte Félix Urech. On constate aussi que les gens sont relativement heureux à Genève et qu’ils n’attendent pas des politiques qu’ils fassent leur bonheur.»

Un troisième sondage va être prochainement organisé avec des gens de tous horizons: étudiants, chômeurs, chefs d’entreprise, employés. «Le but est d’avoir un large panel», indique Vincent Daher, directeur d’une société immobilière. Le questionnaire sera mis en ligne à destination de la population dans deux ou trois mois et «la création d’un site n’est pas exclue», ajoute Dilara Bayrak, conseillère juridique et étudiante en master de droit.

Evalué par l'Université

Le projet sera ensuite soumis aux différents partis politiques: «On ne veut pas que ce soit partisan, on veut que ce soit porté de tous bords», explique Christian Brunier. En cas d’approbation, «le rôle de l’Etat sera de mettre en place les conditions cadres pour favoriser le Bonheur cantonal brut, ajoute-t-il. L’Université pourrait faire le travail d’évaluation.»

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Les commentaires les plus populaires

  • Pauline le 17.09.2019 20:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Déménager

    Le vrai bonheur, c est de ne plus habiter dans cette ville ! Un genevois se sent comme un étranger .

  • Frank le 17.09.2019 19:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On veut

    Les Genevois veulent des appartements abordables

  • yepyep le 17.09.2019 19:33 Report dénoncer ce commentaire

    facile

    demandez a maudet comment il a fait

Les derniers commentaires

  • Employé syndiqué oppresseur le 22.09.2019 10:56 Report dénoncer ce commentaire

    Bonheur payant !!!

    Je propose des taxes sur le bonheur, sourir le matin 500 frs/mensuel, sourir l'après-midi 100 frs/mensuel et sourir le soir 1000 frs/mensuel... nous les syndicats on veille aux grains

  • Daniel / Renevey le 18.09.2019 22:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Geneve et pouvoir indice du bonheur

    indice a demander a Pierre Maudet et a Tarik Ramadan c est les seuls qui parlent pour eux meme et pour le grand Geneve

  • Le petit de Lancy le 18.09.2019 21:43 Report dénoncer ce commentaire

    Douteux.

    Ouaip des gens biens payés vont vous expliquez comment être heureux en vous disant qu'il faut vous adapter à vivre dans une ville ou tous est chère en commençant par l'immobilier, et les assurances. Ou le moindre déplacement est une perte de temps infernale, rajouter le bruit et la pollution. Ou alors partir dans le "grand Genève", là-bas, de l'autre côté de la frontière, puisque ce côté ci est réservé à une certaine élite. Être heureux c'est avoir les moyens de vivre décemment, hélas même pour les salariés ceci n'est plus vrai ici.

    • Raison Gardée le 19.09.2019 12:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Le petit de Lancy

      Cela dit, il faut être inconscient pour partir habiter en France voisine au vu de l'évolution prévisible de ce pays!

  • Baloo Laloo le 18.09.2019 19:31 Report dénoncer ce commentaire

    Bonheur des pauvres

    À la lecture des commentaires ci-dessous on voit bien que les genevois associent le bonheur à l'argent et je pense que c'est là où réside le problème...

    • Mouais le 19.09.2019 11:28 Report dénoncer ce commentaire

      Pas faux

      Oui je me disais un peu la même chose.

  • johnreese le 18.09.2019 19:26 Report dénoncer ce commentaire

    less is more

    sans parler de bonheur, déjà d'arrêter de nous prendre pour des cons, parce qu'à la force on va finir par s'en persuader. les vaches à lait, tondues ont elles droit au bonheur ?