Suisse romande

16 mars 2017 07:25; Act: 16.03.2017 12:45 Print

Des athlètes pro partagent leur vision fun de la course

par Marine Guillain - De jeunes romands dynamiques lancent des entraînements de running à prix bas, pour tous les niveaux.

Découvrez le reportage vidéo de la séance de Make Me Run, la semaine dernière à Nyon.
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«C'était dur, elles nous ont achevés!» Malgré la fatigue, les sourires étaient sur toutes les lèvres jeudi dernier, à la fin du deuxième entraînement de Make Me Run, au stade de Colovray (Nyon). Ce groupe a été créé par Ellen Sprunger, heptathlonienne multiple championne suisse, Julia De Pietro, enseignante de sport, et Sandy Robatel, spécialiste des longues distances.

«On veut partager notre passion avec des gens de tous niveaux, motiver les plus pessimistes et faire progresser les convaincus avec des séances hebdomadaires sans se prendre la tête», racontent les trois jeunes femmes. Elles alimentent aussi un blog sport et lifestyle inspiré d'un modèle suédois, sur lequel elles partagent des idées d'exercices, des recettes, des tests de matériel ou juste leur bonne humeur.

Jeudi dernier, elles ont coaché un groupe de neuf personnes: 10 minutes de courses, exercices sur des escaliers et 10 x 200 mètres sous forme de relais. «C'est plus facile que d'être inscrit dans un club, sourit Lucie, athlète débutante. On peut y aller quand on veut, et c'est plus enrichissant qu'un simple footing.» «Les gens sont revenus, ils semblent apprécier cette formule et être motivés, se réjouit Julia. Les clubs semblent souvent effrayants pour les gens qui courent peu.»


« Je peux conseiller les coureurs sur leur technique»

D'autres passionnés surfent sur l'adage du «courir c'est fun», toujours plus tendance. Le Genevois Alexandre Roch propose depuis juin des sorties matinales, les Morning Runners, deux fois par semaine au Jardin Anglais. Entre cinq et dix personnes y participent. «Souvent les gens qui courent ont peu de connaissances, je peux les conseiller sur leur technique, leur alimentation ou la préparation à une course par exemple», explique le multiple champion suisse de cross. Depuis le début de l'année, il a étoffé son concept, notamment avec des dimanches de footing dans la nature: «L'idée est d'être diversifié, de rendre la course ludique et conviviale et de ne pas juste aller tourner sur un stade!»


Les trois filles et Alexandre font ça par passion, mais rêveraient d'en vivre un jour. Certaines séances sont gratuites, d'autres coûtent entre 12 et 20 francs. Il existe aussi des packs au mois ou au trimestre par exemple.

Course populaire sans chronomètre

Dans un esprit similaire, Wake up and run a été lancé en janvier 2016 à Delémont. Cette communauté propose dix courses de 5km dans dix villes romandes et alémaniques, à 5h30 (entre 32 et 35 francs). Les coureurs portent des dossards, mais ils ne sont pas chronométrés, afin d'éviter la compétition «C'est une ambiance très fun à l'américaine», explique son concepteur, Jérôme Blank. Quelque 3500 coureurs ont participé aux sept joggings en 2016. Entre 7000 et 10'000 sont attendus cette année.

#wakeupandrun#basel#september2#run#breakfast@craft_ch

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Ce qu'en pensent deux grands clubs romands établis

Damien Giroud, président technique du Stade Lausanne: «Je trouve ces initiatives excellentes. Ces (anciens) athlètes peuvent apporter une expérience et un suivi très positif, ils savent ce qu'ils font pour avoir vécu des carrières sportives de haut niveau. L'objectif de ce genre de démarches et des clubs comme le nôtre est avant tout de faire bouger les gens, nous travaillons dans le même sens. Ça ne peut faire que du bien à une population de plus en plus sédentaire, jeune ou moins jeune. Ceux qui souhaitent pratiquer de l'athlétisme de compétition sur piste doivent impérativement faire partie d'un club affilié à la fédération. La course à pied populaire ne s'inscrit pas dans le même cadre. Tout ceci est donc complémentaire.»

Jerry Maspoli, ex-président du Stade Genève: «A priori leur moteur premier est la passion et non l'argent donc c'est positif. Ils offrent une alternative intéressante et rafraîchissante. Mais ils n'ont rien inventé: les Gobe Bitume ont été lancés par le Stade Genève il y a 40 ans, malheureusement ils n'ont pas su évoluer. Aujourd'hui, les gens ont tendance à ne pas vouloir trop s'impliquer, je pense que les personnes qui courent seules sont très séduites par l'idée de suivre des programmes sympathiques et conviviaux sans aucun engagement. Par contre à l'inverse d'un club, ces groupes tiennent souvent à la volonté d'une seule personne et peuvent disparaître aussi vite qu’ils ont été créés…»