Aéroport de Genève

22 août 2019 15:23; Act: 22.08.2019 18:45 Print

Des employés dénoncent leurs conditions de travail

par Jérôme Faas - Des agents de Custodio, une société qui s'occupe de la sûreté des bagages et des passagers à Genève Aéroport, se disent proches de la rupture.

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Le feu couve à l'aéroport de Genève. (Photo: Keystone)

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L'entreprise Custodio, active dans les contrôles de sécurité des voyageurs et des bagages à l'aéroport, se trouve toujours dans le viseur du syndicat SSP. Ce dernier à une nouvelle fois dénoncé, ce jeudi matin, les conditions de travail des employés de la société. Selon son secrétaire syndical Jamshid Pouranpir, celle-ci «viole régulièrement la convention collective de travail de la sécurité». Il souhaite que l'Etat reprenne en main les tâches liées à la sécurité aéroportuaire.

«Pressions psychologiques»

Sous couvert d'anonymat, quatre employés ont dépeint un sombre tableau de leur activité: rares pauses, horaires à rallonge, choix de vacances non respectés, usage contraint de matériel informatique privé, espaces de repos minuscules, vétustes et mal adaptés, collègues qui viennent travailler malades par peur d'un renvoi, arrêts maladie et accident sans salaire - la liste des doléances est longue.

«Il y a beaucoup de pressions psychologiques, on n'a pas le droit de parler, on se sent menacés», a témoigné un employé. «Les conditions de travail sont extrêmement difficiles et les violations de la CCT ont été dénoncées à la commission paritaire en février», a expliqué Jamshid Pouranpir. Une démarche pour l'heure sans effet. La direction de l'aéroport, dit-il, ne réagit pas non plus.

Fatigue et risque d'erreurs

Pour le syndicaliste, la fatigue des employés, outre qu'elle leur est préjudiciable, fait courir un risque aux passagers: un agent de sécurité à bout est plus susceptible de commettre des erreurs. Dès lors, Jamshid Pouranpir réclame que les tâches de sécurité soient assurées par l'aéroport lui-même, alors qu'à ce jour, «elles le sont à 80% par des entreprises privées. Or, à Zurich, ces tâches sont du ressort de la police cantonale.» A Genève, les agents de sécurité directement embauchés par l'aéroport bénéficient de conditions de travail bien plus avantageuses que celles de leurs collègues du privé.

La sécurité, «une tâche régalienne»

Le SSP a par conséquent annoncé son soutien au projet de loi du parti socialiste qui réclame que l'aéroport cesse d'externaliser les tâches de sûreté. «Nous pensons qu'il s'agit d'une tâche régalienne de l'Etat». Il a par ailleurs demandé la démission du conseil d'administration de l'aéroport, estimant qu'il n'avait «pas tiré les conséquences des événement de ce printemps», soit les enquêtes judiciaires portant sur des soupçons de corruption dans l'attribution des marchés publics liés à la sécurité.

Custodio conteste

La direction de Custodio affirme pour sa part observer pleinement la CCT pour la branche des services de sécurité privés. «Les conditions de travail de nos employés sont conformes à toutes les exigences légales et les dépassent même dans de nombreux domaines, telles que des pauses généreuses, des contributions permettant à nos collaborateurs de bénéficier de transports gratuits aux environs immédiats de l’enceinte de Genève-Aéroport, etc. En ce qui concerne le maintien du salaire en lien avec l’absentéisme (maladie et/ou accident), nous appliquons les exigences de la CCT.» L'entreprise estime dès lors que les témoignages de ses employés sont «des contre-vérités».

(ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Valerie Martin le 22.08.2019 15:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ben oui

    On dirait du Management à la Française..

  • G. Tell le 22.08.2019 15:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    COCORICOOOOOOOOO

    Voilà le résultat quand on travaille uniquement avec du personnel frontalier Il fallait réfléchir avant d'engager les copains...

  • Naïf ? le 22.08.2019 15:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un peu peur

    Qu'en est-il dans les autres (l'autre) aéroports Suisses (j'avais pas envie de chercher sur le net) ? Mais alors très franchement, et certainement naïvement, je pensais que ces tâches étaient assurées, ou tout du moins supervisées, par des autorités officielles (Cantonales et/ou Fédérales) ! Là ça commence à me faire un peut peur qu'une personne à 20.-/l'heure (sans les critiquer, ils font certainement ce qu'ils peuvent) soit en charge de la sécurité quand on sait combien les gens mal intentionnés on a leur disposition...

Les derniers commentaires

  • Paranga le 24.08.2019 17:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mme

    Tout ce que je peux dire c'est que les employés qui nous contrôlent à Genève sont hyper mal élevés. Ils discutent entre eux au sujet de leur vie privée et papotent au sujet d autres collègues à coup de grossièretés ... beaucoup sont magrebins ... pardon français

  • PolitiqueDesastreuse le 24.08.2019 10:53 Report dénoncer ce commentaire

    utilisez des flics

    Etonant de confier ces tâches à des privés alors que l'aéroport de Genève dispose d'un poste de police. J'y suis allée l'autre jour pour un problème de passeport et il y a avait largement assez de monde en uniforme dans les locaux. Ces policiers pourraient être affecté à surveiller les zones sensibles.

  • AnneE. le 24.08.2019 10:51 Report dénoncer ce commentaire

    danger potentiel

    Un vrai scandale et surtout très dangereux de déléguer des tâches de sécurité aux privés dans un aéroport. Conséquence de voter pour des partis de droite. C'est la police et seule la Police qui doit assurer cette tâches, y compris pour contrôler les passagers. Voilà ce qui arrive quand on vote pour des partis de droite à Genève.

  • electionsAvenir le 24.08.2019 10:31 Report dénoncer ce commentaire

    votez mieux

    voilà ce qui arrive quand on vote pour le PLR ou le PDC. bientôt même la police sera privatisée et uniquement au service des riches, politiques ou puissants. votez mieux sinon ne vous plaignez pas après.

  • Lesnantis Senfoute le 23.08.2019 20:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Hélas 3 fois hélas

    Malheureusement c'est pas nouveau. Mais c'est comme les femmes de ménages exploitées dans les superbes villes de la rive gauche. L'état et la police savent très où se trouve toute cette exploitation humaine, mais c'est tellement plus facile de fermer les yeux!!! Alors de temps en temps on fait une descentes ou une enquête, et tout le monde est content.