Genève

14 mars 2019 21:16; Act: 15.03.2019 08:53 Print

Dettes personnelles: «une machine infernale à vie»

par David Ramseyer - Dans la foulée d'une récente motion fédérale, la campagne annuelle du CSP milite pour effacer en partie le surendettement des plus pauvres.

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(Photo: Mactrunk)

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Un accident ou la maladie a creusé un puits sans fond dans leur compte en banque. La perte d'un emploi ou un divorce a mangé leurs réserves. Le surendettement est le thème de la campagne annuelle du Centre social protestant (CSP), dévoilée ce jeudi. Entre spots au cinéma, sur les réseaux sociaux, et affiches dans la rue comme dans les transports publics, l'organisation entend aussi porter un message politique. Elle se réjouit qu'après les Etats, le Conseil national a adopté le 4 mars la motion du sénateur jurassien Claude Hêche (PS). Le texte vise à modifier la loi, pour aider ceux qui cumulent des dettes importantes, quasi impossibles à rembourser. Une partie de leur dû pourrait ainsi être purement et simplement effacée, sous conditions.

Tirer un trait après trois ans

Cette mesure, en vigueur dans de nombreux pays occidentaux, est essentielle aux yeux de Rémy Kammermann, juriste au CSP Genève: «La loi suisse ne fixe aucun délai au remboursement d'une créance personnelle. Du coup, ces gens sont souvent condamnés à être surendettés à vie. Et parallèlement, ils ne peuvent plus s’acquitter de leurs impôts. D'où de nouveaux arriérés. C'est une machine infernale».

L'Etat a aussi intérêt à une offrir un nouveau départ à ces personnes, souvent dans la précarité, argumente Pierre Amman, à la tête du CSP Berne-Jura: «Donner une seconde chance, c'est aussi réduire les aides financières des pouvoirs publics et permettre à ces individus d'être pleinement citoyens, qui paient leurs taxes, par exemple».

Pour le CSP, il faudrait tirer un trait sur des dettes après une durée de trois ans. «Notre expérience sur le terrain montre qu'avec un tel délai, les précarisés peuvent voir le bout du tunnel, relève Bastienne Joerchel, directrice de l'antenne vaudoise. Au-delà, ils ont tendance à se dire que c'est foutu et leur situation personnelle risque d'évoluer de manière trop incertaine pour pouvoir établir un plan de remboursement fiable».

Garde-fous nécessaires

Il faudra aussi prévenir les abus, notamment de la part de ceux qui verraient dans cette mesure l'opportunité de dépenser sachant qu'ils n'auront jamais à tout rendre. «L’immense majorité des situations de surendettement ne sont pas dues à des comportements à risques, rétorque le CSP, mais à des accidents de la vie - des problèmes de santé ou encore un chômage longue durée.» Des garde-fous seront cependant nécessaires, souligne l’organisation. Parmi les pistes évoquées: les montants remboursables devront être régulièrement effectués et il sera interdit de contracter de nouvelles dettes.

Et les créanciers? Si leurs droits doivent être respectés, note le Centre social protestant, celui-ci souligne que dans les cas d'endettement au très long cours, la plupart d’entre eux ne verront de toute façon jamais la couleur de leur argent.

Rémy Kammermann rappelle enfin que la possibilité de supprimer des dettes existe dans la loi. «C'est le cas lors de faillites d'entreprises. Alors pourquoi pas pour des particuliers dans la précarité?»


Les commentaires les plus populaires

  • Max le 14.03.2019 22:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Règles du jeu

    Il y a clairement une différence entre les personnes qui ont eu « une casse » dans leur vie (et oui ça peut arriver à n'importe qui) et qui mérite d'avoir une deuxième chance et les personnes qui vivent au-dessus de leurs moyens et qui s'endettent pour leurs vacances, voitures, I-phone, etc... pour ces dernières il faudrait être quand même un peu plus strict et expliquer les règles du jeu...

  • tony le 14.03.2019 21:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    help

    Pour certains cas ça serait bien moi je galère depuis mon divorce et je ne trouve plus de travail dans ma branche par rapport aux poursuites. c'est pire qu'un casier.

  • Jose Mendes de Sà le 14.03.2019 21:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Certains ne savent pas se gérer

    J'en connais une qui s'est endettée sur des années en téléphonant chaque soir pendant des mois à des voyants sur téléphones surtaxés. Un autre qui grille la moitié de son salaire au casino dans la semaine qui suit sa paye. Et un troisième qui s'endette régulièrement pour tunner son cabriolet rabaissé. Vous croyez pas que ceux-là cherchent les ennuis?

Les derniers commentaires

  • @valaisan le 19.03.2019 01:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui.

    Je suis POUR!

  • jjohnreese le 18.03.2019 21:13 Report dénoncer ce commentaire

    chercher l'erreur

    comme dirait bartachat tout le monde peut se tromper, sauf que le le citoyen paie à vie et l'élu en plus de puiser dans la caisse pour ses faux frais a une retraite à vie que nous payons avec nos impôts.

  • Mimi l'abeille le 18.03.2019 00:39 Report dénoncer ce commentaire

    A chaque problème, une solution!

    Personnellement après avoir rechercher des solutions pour m'en sortir après une situation personnelle et financière délicate, me suis retourné vers les services de Milenia . CH pour m'en sortir. Equipe toujours à l'écoute, disponible, efficace. Après m'être faite avoir plusieurs fois, je recommande vivement ces services pour toutes les personnes qui n'y comprennent plus rien à leur situation.

    • comme Bill & Melinda Foundation le 18.03.2019 11:32 Report dénoncer ce commentaire

      @une abeille

      Congratulations! Toutes les méthodes sont bonnes, et "Bill & Melinda", mais quelqu'un n'a pas apprécié votre savoir faire, votre bravoure, votre honnêteté et votre franchise. Bon courage, chère abeille!

  • T. Riste le 17.03.2019 10:00 Report dénoncer ce commentaire

    A l'aide

    Comme la jalousie des endettés se répend. Non, il ne faut pas les aider. Il faut interdire le crédit leasing et autres crédits à l'achat. Ras le bol de subvenir à des personnes inconscientes ou à celles qui utilisent ce système. De plus, les contribuables paient par leur impôts des personnes pour les aider. C'est le même modèle que la guerre et la croix rouge. La source des problèmes reste. La croix rouge est notre conscience. Alors banissons ces systèmes toxiques.

    • Jean Pleur le 20.03.2019 17:10 Report dénoncer ce commentaire

      Jamais cotoyé de bons capables

      la maltraitance en Suisse est la régle elle commence tout petit se propage a l armée et puis il y a les terreurs et chocs psychologiques poussant au suicide, 17 suicides en 20 ans dans mon entreprise, tous cachés et tus, le monde du travail est gangréné de pervers marcissiques, boarderlines, médicamentés des acariatres incompétent et avides d abus de pouvoir cupides radins vicieux et j en passe suivent et les problémes familiaux et d argent les trains de vie des Suisses sont choquant pour beaucoup de nos voisins du nord de l UE qui eux pour la majorité sont des adeptes de la slow life ...

  • déguster et avaler le 17.03.2019 08:34 Report dénoncer ce commentaire

    en un clin d'oeil

    "O yeah, I would like a big cheeseburger/double frite!" Et après ma grève pour le climat, dès l'âge de mes 18 piges je m'achèterais une grosse cylindrée à crédit pour ma liberté. - Petite Normita découvre son fils Justin (12), le deuxième de ses 8 enfants, assassiné par la police. Avec des preuves et témoins, la mère en deuil va chez les flics porter plainte, et reçoit "languir". "Slaughtered like animals", nos enfants sont massacrés comme des animaux - crie-t-elle! Et vous parlez de vos dettes que (2) personnes normales peuvent absorber en un clin d'oeil ?!