Aide sociale à Genève

11 février 2011 22:56; Act: 11.02.2011 22:46 Print

Dispositif pour les chômeurs en fin de droit

A Genève, le Revenu minimum cantonal d'aide sociale (RMCAS) qui sert de transition entre la fin du chômage et l'aide sociale est abrogé.

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Le Grand Conseil a voté vendredi une loi qui remplace le Revenu minimum cantonal d'aide sociale par un dispositif privilégiant la réinsertion professionnelle.

Le RMCAS instauré en 1994 n'a pas atteint ses objectifs, mais s'est au contraire transformé en piège à pauvreté, a expliqué le PDC Philippe Schaller, rapporteur de majorité sur cette réforme proposée par le Conseil d'Etat. Preuve en est, selon M.Schaller, la durée au RMCAS est en moyenne de 39 mois contre 21 à l'aide sociale.

Il s'agissait de trouver une solution plus incitative pour les 1600 à 1700 bénéficiaires du RMCAS. La réinsertion est donc au coeur des nouvelles mesures avec pour commencer un stage d'évaluation à l'emploi de quatre semaines. A son terme, soit un plan de réinsertion professionnelle, soit un accompagnement social sera proposé.

18 millions en plus

Les personnes actuellement au bénéfice du RMCAS ne verront pas leurs prestations diminuer, assure François Longchamp, chef du Département de la solidarité et de l'emploi (DSE). Pendant une période transitoire de trois ans, elles resteront sous le régime actuel.

Ensuite, elles basculeront à l'aide sociale. Des baisses à ce moment ne sont pas exclues, mais il y aura parallèlement une réévaluation des barèmes pour l'aide sociale, selon le conseiller d'Etat radical. Globalement le nouveau dispositif alloue 18 millions de francs supplémentaires pour les chômeurs en fin de droit et les jeunes sans formation qui sont aussi concernés.

Socialistes contre

La droite a soutenu unanimement le projet en saluant l'importance de rendre la dignité aux plus démunis par la réinsertion professionnelle. Les socialistes se sont fermement opposés à cette loi qu'ils considèrent comme un «paquet mal ficelé».

La députée socialiste Anne Emery-Torracinta a relevé la pertinence des mesures de réinsertion proposées mais d'un autre côté, elle a exprimé des craintes sur des baisses de prestations pour «ceux qui restent sur le carreau».

Les Verts ont quant à eux voté en ordre dispersé, faute de confiance dans la mise en oeuvre de cette réforme qu'ils considèrent pourtant comme bonne. Au final, le projet de loi est passé par 71 voix contre 18 et 6 abstentions. Craignant un démantèlement social, une partie de la gauche et des syndicats a déjà annoncé le lancement d'un référendum.

(ats)