Genève

11 septembre 2019 05:58; Act: 11.09.2019 08:12 Print

Elle accouche dans l'auto alors que son mari conduit

par David Ramseyer - En route pour la maternité, une Genevoise a mis au monde son bébé sur le siège passager de la voiture familiale. Un cas rare, relèvent les HUG.

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Malgré un accouchement plutôt mouvementé, Jessica et son fils sont en plein forme. (Photo: DR)

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L'arrivée d'un nouveau-né constitue toujours un moment inoubliable. Encore plus lorsque le petit bout de chou voit le jour coincé entre le tableau de bord et le dossier d'un siège d'auto.

Jessica n'est pas tout à fait arrivée à terme lorsque mercredi passé vers 21h, elle ressent des contractions irrégulières. Puis elle perd un peu de sang. Déjà parents d'un enfant, elle et son mari s'engouffrent alors dans leur voiture, direction la maternité de l'hôpital cantonal, à une grosse demi-heure de chez eux. A la sortie de l’autoroute de contournement, «les contractions, bien plus violentes, se sont rapprochées d'un coup, le besoin de pousser est devenu incontrôlable. Je me suis dit: c'est foutu, ça va arriver là, maintenant».

Premier habit: la robe de maman

Quelques centaines de mètres plus loin, la Versoisienne de 29 ans perd les eaux et dans la foulée, la tête de bébé pointe. «C'est allé très vite, j'ai agi à l'instinct, guidée par mes sensations et en laissant parler mon corps». Tandis que Walter, son époux, roule toujours vers les HUG, Jessica s'auto-accouche, en quelque sorte. «J'ai poussé et j'ai pris mon bébé dans les bras. Il avait le cordon ombilical enroulé autour du corps. J'ai lui ai mis une petite tape, il s'est mis à crier, puis plus rien. Je l'ai emmailloté dans ma robe, mais j'avais peur».

Clignotants allumés, Walter klaxonne en continu et, vitre ouverte, demande aux gens de s'écarter: «Laissez passer, ma femme accouche!» Arrivés à la maternité, il bondit hors du véhicule et alerte le personnel médical. «J'ai été immédiatement prise en charge et quand je suis sortie de la voiture avec mon fils, des gens autour applaudissaient». Jessica tire un grand coup de chapeau à son homme: «Malgré le stress, il a géré. Il ne nous a jamais mis en danger en conduisant de manière inconsidérée». Le couple et le petit Gabriel peuvent désormais profiter sereinement de leur bonheur, après un périple à part.

Accouchement par téléphone

Sur quelque 5300 naissances annuelles dans le canton, la centrale 144 des urgences médicales dénombre une vingtaine de cas «pré-hospitaliers», soit des mises au monde avant l'arrivée dans une maternité. Si la moité d'entre elles font l'objet d'une prise en charge par une ambulance, pour le reste, les accouchements se font... par téléphone. Lorsque bébé n'attend pas, un médecin guide donc à distance le père ou un proche de la maman.

Quant à la situation vécue par Jessica, elle est rarissime, notent les HUG: «Nous ne recensons qu'un ou deux cas par année de naissance sans assistance». L'institution relève un autre épisode mémorable: celui d'une femme en promenade au bord de l'Arve. «Elle a donné la vie seule sur le sable, en plein hiver, avec un thermomètre qui affichait 4 degrés Celsius.»