Genève

08 octobre 2019 16:34; Act: 08.10.2019 17:07 Print

Encore un cas d'ouvriers étrangers sous-payés

Un cas crasse de sous-enchère salariale a été découvert sur le chantier de la Nouvelle Comédie, mené par la Ville. Une entreprise espagnole est en cause.

storybild

Le permis de travail des cinq ouvriers espagnols sous-payés n'a pas été prolongé. (Photo: Keystone/Francesca Agosta)

Une faute?

L'histoire bégaie. Après les électriciens italiens sous-payés sur le chantier du dépôt TPG d'En Chardon, voici les ouvriers espagnols rémunérés au lance-pierres sur le chantier de la Nouvelle Comédie, aux Eaux-Vives. Ainsi que le révèle «GHI», la commission paritaire a découvert mi-septembre que les cinq Andalous chargés de poser les garde-corps en acier étaient payés bien moins que ce qu'exige la convention collective de travail. L'un d'eux ne percevait même que 12,59 francs de l'heure.

Les cinq travailleurs ont dû quitter les lieux. Les syndicats comme le patronat sont fâchés. Ils constatent qu'à la suite de l'appel d'offres, le chantier avait été attribué à une entreprise espagnole qui proposait des prix bien plus bas que ceux avancés par ses deux concurrentes suisses. «Quand les différences de prix sont aussi importantes, les autorités devraient creuser un peu», confie à l'hebdomadaire genevois Cédric Vincent, secrétaire général de l'association faîtière des métiers techniques et du bâtiment. «Et ne pas choisir uniquement à travers le filtre du prix!», ajoute Blaise Ortega, syndicaliste chez Unia.

Sollicité par le média gratuit vu que le chantier de la Nouvelle Comédie est géré par la Ville de Genève, le conseiller administratif Rémy Pagani défend la Municipalité. D'une part, explique-t-il, les accords internationaux auxquels la Suisse a adhéré sont très contraignants en matière d'attribution des marchés publics. D'autre part, dans ce cas, la Ville s'est renseignée et n'a rien débusqué d'anormal. Enfin, la justice a validé la procédure d'adjudication, en déboutant un concurrent genevois déçu.

(jef)