Genève

19 février 2020 11:45; Act: 19.02.2020 13:27 Print

Femmes tabassées: exit la tentative de meurtre

Le Parquet français veut renvoyer en jugement les agresseurs de la place des Trois-Perdrix pour violences volontaires.

storybild

Une vue de la place des Trois-Perdrix, théâtre de l'agression survenue le 8 août 2018 à la sortie d'une boîte de nuit. (Photo: Keystone/Jean-christophe Bott)

Sur ce sujet
Une faute?

Le Ministère public français renonce à retenir la tentative de meurtre à l'encontre des cinq hommes suspectés d'avoir sauvagement tabassé cinq femmes le 8 août 2018 à la place des Trois-Perdrix, à la sortie du dancing le Petit Palace. Il entend faire juger les prévenus pour «violences volontaires exercées à plusieurs et avec utilisation d'objet comme arme par destination», rapporte la «Tribune de Genève». Dès lors, les jeunes hommes comparaîtraient «seulement» devant le Tribunal correctionnel hexagonal, compétent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

A Genève, ces dernières années, les auteurs de violents passages à tabac sont souvent prévenus de tentative de meurtre, voire d'assassinat. Mais au contraire de Suisse, la France ne connaît la notion juridique de dol éventuel, qui suppose que l'agresseur s'accommode de l'issue fatale de ses actes, sans forcément l'avoir souhaitée.

Les avocats genevois des victimes s'étonnent néanmoins de cette décision du Parquet français, communiquée le 23 janvier à la juge d'instruction. Me Saskia Ditisheim estime ainsi que les charges retenues à l'encontre des prévenus étaient «suffisantes» pour retenir la tentative de meurtre. Et Me Robert Assaël a écrit à la magistrate pour contester fermement la qualification choisie. «Face à un tel acharnement bestial et déchaînement de violences extrêmes et gratuites, la tentative de meurtre ne peut être contestée», déclare-t-il dans le quotidien genevois.


L'occasion de réécouter notre podcast sur cette affaire


(jef)