Genève

27 janvier 2014 08:45; Act: 27.01.2014 10:52 Print

Frontaliers: une assurance miracle fait jaser

par Julien Culet / Jérôme Faas - Une association dit avoir trouvé la parade à la fin du droit d’option. Inquiets, les autres acteurs du dossier mettent en garde les assurés.

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Les frontaliers espèrent continuer de se faire soigner en Suisse. (Photo: Keystone)

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Robins des Bois malins ou dangereux apprentis sorciers? Depuis des semaines, l’association Liberté et sécurité des frontaliers prétend avoir trouvé la solution permettant aux résidents français de couper à l’obligation prochaine de cotiser à la Sécurité sociale. Leur idée? Proposer aux frontaliers de résilier leur contrat privé français avant le 1er juin pour adhérer à un produit concocté par une assurance bâloise.

Le niet de la Confédération

La démarche scandalise Michel Charrat, chef du Groupement transfrontalier européen. L’association et le courtier vaudois avec qui elle œuvre «profitent de la détresse des frontaliers, dit-il. Quand on est assuré en France, rompre son contrat pour s’assurer en ­Suisse est absolument interdit.» L’Office fédéral de la santé confirme: «Conclure une assurance maladie privée en Suisse ne permettra en aucun cas aux frontaliers de se soustraire à la Couverture maladie universelle. Les déclarations de courtiers laissant entendre qu’une telle possibilité existe ne peuvent qu’induire en erreur les concernés.»

«Des frontaliers allemands en profitent»

Bruno Gomez, de Liberté et sécurité, persiste. Le droit européen serait de son côté. «Notre solution est indiscutable: des milliers de frontaliers allemands en profitent déjà avec l’accord de la Suisse.» Il se dit sûr d’une victoire devant les tribunaux si la France ripostait. Le collectif des Bonnets rouges doute. «Le combat anti-Sécu est louable, mais là, les gens sont envoyés au casse-pipe. Si la justice leur ­donne tort, les assurés seront piégés.»