émissions de CO2

16 mars 2011 15:01; Act: 16.03.2011 15:05 Print

Genève doit faire davantage

Les émissions de CO2 dans la ville du bout du lac n'ont pas réduit autant que demandées par le GIEC.

Une faute?

A Genève, les émissions totales de CO2 ont baissé de 4% en dix ans, trop peu au vu des recommandations du GIEC de les réduire de 40% d'ici 2020 dans les pays industrialisés, relève l'ONG «Noé21». Celle-ci demande la mise en oeuvre d'un plan climatique cantonal.

«Les solutions existent. C'est dans l'intérêt de Genève, tant du point de vue de l'emploi que des connaissances d'avoir un plan climatique», a indiqué mercredi devant les médias Philippe de Rougemont, président de Nouvelle Orientation Economique pour le 21e siècle (Noé21). Pour cette ONG spécialisée dans les solutions au changement climatique, les mesures doivent être prises au niveau local.

Or la volonté politique fait encore défaut, selon M. de Rougemont. Pour preuve, les décisions prises en la matière depuis le début de la nouvelle législature en décembre 2009. Noé21 s'est penché sur quatre secteurs pertinents pour Genève: bâtiments, transports, électricité et trafic aérien.

Dans son rapport, l'ONG dresse un état des lieux et relève les décisions politiques positives et négatives dans chaque secteur, avant de faire des propositions. Et de relever les contradictions. Ainsi, en matière de mobilité douce, le Conseil d'Etat soutient l'initiative dite «des villes», alors que le texte vient d'être rejeté par le Grand Conseil.

Argent gaspillé

Souvent oublié dans les statistiques, le trafic aérien est «le plus problématique», a relevé Jérôme Strobel, conseiller scientifique. Sur la base du kérosène vendu sur le tarmac de l'Aéroport international de Genève, Noé21 a constaté que les émissions de CO2 dans ce secteur ont augmenté de 63% en dix ans, avec l'arrivée des compagnies «low cost» et le retour de vols longs- courriers.

«L'aéroport est bon pour le tissu économique, mais jusqu'où veut- on aller?» s'interroge Jérôme Strobel. Noé21 préconise notamment de construire un centre de vidéoconférence afin de limiter les déplacements ou d'introduire une obligation d'afficher la charge CO2 des voyages dans les publicités pour le trafic aérien.

Côté financement, Noé21 estime que l'argent est là. «Selon un rapport commandé par la Confédération, les dépenses énergétiques superflues se montent à 10 milliards de francs par an en Suisse. Une somme qui pourrait être placée dans des mesures», a souligné Philippe de Rougemont.

(ats)