Finance (GE)

31 octobre 2019 18:50; Act: 31.10.2019 19:00 Print

Genève lève 660 millions grâce à l’argument vert

par Jérôme Faas - Le canton a émis des obligations «écologiques» pour refinancer les travaux du CEVA. Gros succès.

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Largent emprunté servira à refinancer la dette liée au RER qui sera mis en service le 15 décembre. (Photo: Lucien Fortunati)

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Mardi, le canton a emprunté 660 millions de francs. Particularité de l’opération: elle a été réalisée via des obligations (lire encadré) «vertes». Les investisseurs ont été attirés par un placement finançant un projet à l’impact positif sur l’environnement et le climat. Ici, cet argent servira à refinancer les coûts de construction du CEVA, le futur RER transfrontalier.

C’est la deuxième fois que Genève, pionnier suisse en la matière en 2017, procède ainsi. «Cet emprunt a connu un succès très rapide», s’est félicitée Nathalie Fontanet, cheffe PLR des Finances. La demande n’a pas pu être entièrement satisfaite. Ces obligations vertes sont certifiées par une entreprise indépendante, Vigeo Eiris, qui suit les principes en la matière de l’International Capital Market Association. Elle s’assure que l’émetteur (là, Genève) respecte ses critères en matière d’environnement, de social et de gouvernance. Et elle analyse le projet financé pour s’assurer de ses effets bénéfiques. L’État et le CEVA cochaient toutes les cases.

Sur le prix, que l’obligation soit verte ou pas ne change rien pour l’État, indique Pierre Béguet, directeur général des Finances. Mais la verdure gonfle la demande. «Je ne suis pas sûr que nous aurions pu atteindre 660 millions autrement.» C’est aussi un déclencheur pour les caisses de pension, note-t-il. Et ce type de produit possède un autre avantage: il attire de nouveaux investisseurs. «Lors de cette opération, près de 10%, essentiellement étrangers, n’avaient jamais investi à Genève. C’est très important pour le canton.»