Ecole

23 novembre 2017 22:51; Act: 24.11.2017 15:55 Print

Genève limitera le nombre de ses élèves frontaliers

par Maria Pineiro - Le Conseil d’Etat veut réguler le nombre d’enfants non-résidents dans les écoles. Cette mesure lui permettra d'économiser 3,4 millions de francs.

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Ce sont les écoles primaires et les cycles qui sont concernés par cette mesure. (Photo: Keystone/Bernd WÜstneck)

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Trois ans après avoir suscité un tollé, voilà que l’idée de barrer l’entrée des écoles aux élèves qui n’habitent pas Genève resurgit. Parmi les mesures listées dans son plan financier quadriennal 2018-2021, le gouvernement affirme que «les élèves hors canton sont acceptés dans les limites des places disponibles». Ce n’est pas une nouveauté, mais le retour à une pratique plus stricte dès la rentrée 2018. Seule l'école obligatoire, à savoir l'école primaire et le cycle d'orientation sont concernés. Economie escomptée: 3,4 millions de fr.

Plaintes des communes

Contacté, le Département de l’instruction publique renvoie à la Présidence. «Cela ne concernera que les nouveaux élèves, rassure le conseiller d’Etat François Longchamp. Aucun enfant ne sera chassé de l’école.» Le canton a réagi à des plaintes de communes, contraintes d’augmenter leurs capacités scolaires pour faire face à la demande (lire encadré), poursuit-il. «Nous voulons éviter de devoir créer des classes et des postes pour des enfants non-résidents.Il s'agit de privilégier la proximité»

Grand Genève dénué de sens

Les parents oscillent entre fatalisme et colère. «J'aimerais que mon fils puisse faire un apprentissage en Suisse, car c'est une formation mieux reconnue qu'en France. Mais si ce n'est pas possible, nous ferons autrement», se résigne une maman. «Je suis Suisse, je veux que mes enfants puissent y étudier, quitte à mentir sur le domicile», s’insurge un père.

Président du Groupement transfrontalier européen, Michel Charrat tempête: «On parle beaucoup du Grand Genève, mais dans les faits, ce sont toujours les frontaliers qui trinquent, malgré tout ce qu’ils apportent à la région.»