Ville de Genève

11 février 2019 18:40; Act: 11.02.2019 18:40 Print

Genève prend le harcèlement à bras le corps

par Maria Pineiro - L'Exécutif de la Ville veut mettre en place le plus rapidement possible un plan d'action pour 2019-2021.

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La place des femmes dans l'espace public de nuit devra être étudiée. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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Fin février, le Conseil municipal de la Ville de Genève dira s'il veut ou non donner un coup d'accélérateur à la lutte contre le sexisme et le harcèlement dans l'espace public. L'Exécutif a en effet accepté au début du mois un plan d'action pour 2019-2021. Il demande aux élus d'accepter un premier crédit de 193'000 francs à cet effet. La facture globale s'élèvera à 850'000 fr.

Elaboré sous l'égide d'un groupe de travail commun au Service de l'agenda 21 et à celui du Service de l'espace public, le projet s'articulera autour de cinq axes: la prévention et la sensibilisation, la formation, l'aménagement de l'espace public, la récolte de données et le travail en réseau. «Ce plan est pragmatique afin que nous puissions débuter le plus rapidement possible», a déclaré Héloïse Roman, chargée de projets égalité au service de l'agenda 21.

Sensibilisation et formation

Concrètement, il s'agira, par exemple, de mener des campagnes de sensibilisation et de prévention auprès du grand public, mais également de former les fonctionnaires, notamment les agents de police municipale en première ligne, à ces questions. «Cet été, nous voulons mener des expériences lors de manifestations pilotées par la Ville. Il s'agit de se poser des questions quant à l'aménagement des espaces. On peut penser au lieu où sont installées les toilettes par exemple. Ce n'est pas anodin», a imagé Héloïse Roman.

Car au-delà de la question de la formation et de la sensibilisation, il y a celle de l'aménagement et des infrastructures à disposition des femmes. En effet, se pose la question de l'espace urbain la nuit. «Nous devons nous interroger sur les lieux où sont situées les boîtes de nuit, comment on y va, quelles stratégies emploient les femmes pour se déplacer à des heures tardives, quelles mesures mettre en place», a souligné Sandrine Salerno.

Des noctambus pour les femmes?

Des aménagements pour que tout un chacun se sente en sécurité lors des sorties nocturnes doivent être pensés. «Il est difficile de trancher sur certaines mesures comme des noctambus exclusivement réservés aux femmes. Cela peut être une solution, mais cela peut également être contre-productif», a expliqué Héloïse Roman.

A terme, tous les départements seront intégrés dans le projet sous diverses formes. «Les collaborateurs demandent du concret, des outils. C'est ce qui ressort des échanges que nous avons», a expliqué Sandrine Salerno. Cette première phase de trois ans devrait être suivie d'autres projets.

«Cela fait une dix ans que nous travaillons sur les thématiques de l'égalité des genres et des discriminations», a rappelé la conseillère administrative Sandrine Salerno. «Au début, nous avons été régulièrement raillés. Aujourd'hui, ces problématiques interpellent largement», s'est-elle félicitée