Genève

13 mars 2017 07:00; Act: 13.03.2017 07:08 Print

Hodgers: «les lieux pour la nuit doivent être planifiés»

par Jérôme Faas - Genève innove: la vie nocturne est intégrée au plan directeur cantonal. Le conseiller d'Etat explique la genèse et l'importance de cette décision.

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Antonio Hodgers, conseiller d'Etat genevois et Vert chargé de l'aménagement, du logement et de l'énergie. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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Jusqu'alors, les pouvoirs publics délaissaient la nuit. Elle n'était pas un enjeu de l'aménagement du territoire. Et puis, un collectif de jeunes, le «Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée» a empoigné le problème, fait des propositions, et été reçu par le conseiller d'Etat Vert Antonio Hodgers. Cette rencontre a porté ses fruits, puisqu'une fiche vie nocturne a été intégrée au plan directeur cantonal. C'est du jamais vu, et c'est du concret.

Antonio Hodgers, une fiche vie nocturne dans un plan directeur cantonal, est-ce une première suisse?
Le plan directeur cantonal est un outil assez nouveau. Genève est l’un des premiers cantons à l’utiliser. Mais oui, il me semble qu’il s’agit d’une première nationale.

Faut-il considérer que dorénavant, la vie nocturne est une politique publique?
Jusqu’alors, la vie nocturne n’était pas pensée en tant que telle. En termes d’aménagement, on pensait logement, écoles, voiries… Et après, pour la nuit, n’existait qu’une gestion par le Service du commerce, c’est-à-dire une régulation. Il n’existait pas de réflexion sur ce qu’on veut, pour qui on le veut, et à quel prix on le veut.
La fin des squats a enlevé beaucoup de lieux nocturnes. Or, la vie nocturne est un enjeu au même titre que les crèches ou les infrastructures sportives. Avant, on n’y réfléchissait pas, cela venait par défaut. Or, si l’on n’y pense pas en amont surgissent des problèmes tels que ceux que l’on a connus à la rue de l’Ecole-de-Médecine: cela crée des tensions avec le voisinage.

Entre le déclaratif et le contraignant, où se situe le plan directeur cantonal?
Il ne s’agit pas d’un outil déclaratif. Le plan directeur cantonal doit être validé par le Conseil fédéral, il est ensuite contraignant pour les autorités. Il s’applique dans le développement des nouveaux quartiers. S’il fixe qu’ici se trouve une zone agricole et là une zone industrielle, je ne peux pas échanger.

Cette fiche vie nocturne rend-elle possible des choses qui ne l’étaient pas auparavant?
La principale différence, c’est qu’avant, on ne se préoccupait pas de la vie nocturne. On faisait un nouveau quartier, puis on regardait si elle s’y installait ou pas. C’était le parent pauvre de l’aménagement. Le plan directeur cantonal, lui, réserve un espace pour cette vie. Il permet à des associations, aux jeunes, de se dire que là, il y a des moyens à disposition, qu’ils peuvent se concentrer sur ces périmètres. Maintenant, le plan directeur cantonal réserve ces espaces, il ne dit pas encore comment on finance ce qui s’y construira.

La fiche liste cinq lieux destinés à accueillir la vie nocturne. S’agit-il d’une liste exhaustive, évolutive?
Plus que des lieux, il s’agit de secteurs. On ne dit pas: ici il y aura une boîte de nuit, et là un café. Il s’agit donc de définir des périmètres. Maintenant, si des opérateurs privés émergent çà et là, bien sûr que cela nous convient également. L’exemple, c’est le Village du Soir.

Les jeunes du «Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée» sont-ils vraiment à l’origine de l’inscription de cette fiche au plan directeur ?
Oui. Ils sont motivés, super efficaces. Ce ne sont pas juste des jeunes qui veulent un truc. Ils se donnent les moyens.
Maintenant, pour faire un bref historique, dans les années 90, il existait beaucoup d’immeubles laissés vides pour des raisons spéculatives. Puis il y a eu Artamis. Le mouvement squat s’est développé, la vie culturelle était dense. Là, c’est fini. Il n’existe plus de lieux laissés vacants. Quand les jeunes du Collectif sont venus me voir, je leur ai dit : vous n’arriverez pas à reproduire les années 90, car il n’y a plus d’espaces vides. Si on veut construire des lieux pour la vie nocturne, il faut les planifier, sinon ils ne se trouveront pas dans les nouveaux quartiers. Et pour les planifier, ils doivent se trouver dans le plan directeur cantonal. La pétition que le collectif a alors lancée a été extrêmement suivie, et le mouvement a été amorcé.

Le Collectif lui-même considère que l’on est aujourd’hui au milieu du gué, qu’il va maintenant s’agir de maîtriser le foncier, de monter les projets. Est-ce votre analyse?
Le plan directeur permet de réserver les secteurs et de réfléchir. Quand des nouveaux quartiers se construisent, beaucoup de gens veulent des mètres carrés. Les crèches, les coopératives d’habitation, etc. Aujourd’hui, les milieux culturels ne sont pas autour de la table. Ils ne récoltent donc que les miettes. Cette fiche permet de leur réserver une part du gâteau. Maintenant, il faut effectivement monter les projets, et ce n’est pas simple. C’est une chose de savoir organiser des soirées, mais là, il va s’agir de véritables opérations immobilières.

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Les commentaires les plus populaires

  • Marc le 13.03.2017 07:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    oui oui

    Que ne ferait pas le politique par intérêt ?

  • 2 poids 2 mesures le 13.03.2017 08:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive Genève

    Bravo Mr Rodgers de tenir compte de l avis des jeunes et d'aller jusqu à inscrire dans le plan directeur général la nécessité de prévoir des boites de nuit et autres lieux nocturnes. Nous aurions apprécié aussi que vous teniez compte aussi de notre volonté de rester dans nos maisons qu on a construits ou achetés -ou que nos parents l ont fait avant nous- aux prix de la sueur de nos fronts. Mais non la classe moyenne n a pas de droit à Genève. Le droit de propriété est uniquement pour Cologny et les riches. Un grand cactus pour vous.

  • Valerian le 13.03.2017 08:20 Report dénoncer ce commentaire

    Non-sens

    Quiconque a eu à supporter de vivre à proximité d'une boîte de nuit ou d'un "lieu de vie nocturne riche, vivante et diversifiée" (quel nom pompeux et ridicule quand on considère que la "vie nocturne riche, vivante et diversifiée" se limite souvent pour la majorité des jeunes à boire le plus possible et faire le maximum de bruit) pourra témoigner que c'est un véritable enfer. Ces lieux doivent exister, c'est évident, mais pas à proximité directe d'habitations. Ces lieux ne doivent pas exister sur "le dos" des habitants, c'est tout. Le contraire est un non-sens destiné à l'échec.

Les derniers commentaires

  • Savapal Bokal le 14.03.2017 16:11 Report dénoncer ce commentaire

    Bruit ?

    Le bruit ne dérange pas notre danseur de tango car, lui, il n'a pas besoin de se lever le matin pour aller au boulot, du reste, il n'y jamais travaillé de sa vie !!

  • Laurent le 13.03.2017 21:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pfffff

    Encore un moyen pour M.Hodgers d'implanter une zone de vie nocturne dans son projet mégalo des Cherpines. L'échiquier est placé et ce Monsieur sait très bien jouer. Ceci avec le soutien des autorités communales vénalement intéressées et contre l'avis de la population communale.

  • Sébastien D. le 13.03.2017 19:32 Report dénoncer ce commentaire

    Vie nocturne...

    Pour éviter les nuisances sonores, ces nouveaux lieux festifs nocturnes avec diverses salles devraient être construits sous des collines, par exemple... sous la colline du Collège de Pinchat, sous la colline du Pont-Rouge, sous la colline du Bois-de-La-Bâtie, sous la colline de la Promenade de l'Observatoire et sous la colline des Parcs de La Grange et des Eaux-Vives... À méditer pour la suite.

  • Le Bobo Caviar le 13.03.2017 17:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tous ensemble, tous !

    Je propose qu'on aille gueuler tous les soirs sous les fenêtres de Hodgers pour célébrer la vie nocturne...

  • The Undertaker le 13.03.2017 17:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il est débordé...

    Antonio le gauchiste argentin, a décidément de grandes priorités...