Violence

26 octobre 2016 17:00; Act: 26.10.2016 17:02 Print

Homophobie: plusieurs victimes passées à tabac

Deux couples homosexuels ont été injuriés puis frappés le même soir, mi-octobre, au centre de Genève. Des jeunes gays témoignent.

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La première agression s'est déroulée sur la promenade Saint-Antoine (ci-dessus), la seconde à la rue des Contamines. (Photo: Google)

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Insultes, coups, perte de connaissance. Dans la nuit du 16 au 17 octobre, deux couples gays ont été victimes d'actes homophobes par un groupe de jeunes. Les faits se sont produits à une demi-heure d'intervalle et quelques centaines de mètres de distance, dans les rues du centre de Genève, a révélé la radio «One FM»

La police cantonale, qui estime qu'il pourrait s'agir des mêmes auteurs dans les deux cas, cherche les assaillants. «Ce genre d’agressions est assez courant malheureusement, regrette dans «Le Courrier» Michael Häusermann, chargé de la lutte contre l'homophobie chez Dialogai. Mais depuis cet été, davantage de victimes osent porter plainte.»

Deux agressions homophobes avaient été enregistrées à Genève en août dernier. Les victimes qui avaient porté plainte avaient été attaquées à la Perle du Lac. Le problème est latent dans la Cité de Calvin. «Je ne suis pas surpris mais je trouve ça super lâche», déplore ainsi Mika. Ce Genevois de 27 ans se dit chanceux: il a reçu des insultes, mais jamais de coups. «Je suis prudent: quand je sors le soir, je ne tiens jamais la main de mon copain».

«Je ne me sens pas vraiment en danger, mais ça me choque qu'il y ait autant d'agressions à Genève, je trouve ça triste, confie Daniel, 25 ans. Il y a quelques années, un ancien collègue de travail s'est fait tabasser violemment. Le pauvre a dû suivre une thérapie et n'a plus voulu poser le pied à Genève, il est parti vivre à Neuchâtel chez sa famille».

«Ils courent pour nous effrayer»

A Lausanne, aucune violence n'a été déplorée depuis des années, note Bertrand Sonnay, de l'association Vogay. «C'est parce que nous nous sommes battus pour nous faire entendre et avoir la police à nos côtés», avance-t-il. Selon lui, c'est ce qui manque à Genève: «En changeant la mentalité des gendarmes, les gens osent se défendre et porter plainte». Une nouvelle mode a cependant pris depuis août dans la capitale olympique: «Des bandes de jeunes débarquent dans le parc du Denantou en courant pour nous effrayer. Ils nous insultent, nous menacent, mais ne donnent pas de coups», raconte-t-il.

Le droit suisse ne reconnaît pas l'homophobie comme un délit à part entière. Seule l'agression physique est répertoriée dans le cas présent, ce qui empêche de réaliser des statistiques en matière de violences homophobes. «Ces personnes sont attaquées parce qu'elles sont homosexuelles, elles ont donc besoin que les actes discriminatoires qu'elles ont subis soient reconnus», martèle le conseiller national valaisan Mathias Reynard dans «Le Courrier». Le socialiste a déposé une initiative aux Chambres fédérales en 2013 pour corriger le tir. Le texte est toujours à l'étude.

(mag/tpi)