09 août 2006 23:29; Act: 09.08.2006 19:58 Print

Huitante ou quatre-vingt, il faut choisir son camp!

Les journalistes reçoivent régulièrement des lettres leurs signifiant qu’il est inacceptable d’utiliser huitante à Genève ou quatre-vingt dans le canton de Vaud.

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«Huitante est tellement ringard! Comme un mauvais prénom que l’on n’aimerait pas donner à son enfant!» plaisante Lova Golovtchiner, comédien et ancien trublion du «Fond de la corbeille». Le présentateur Jean-Marc Richard est quant à lui partisan de l’alternance. «Je m’impose la discipline de dire à tour de rôle huitante et quatre-vingt lorsque je présente «Les zèbres» ou «Jour de fête.» Histoire de ménager les susceptibilités...

La TSR et la RSR n’imposent pas de règle à leurs journalistes. «Cela dépend de leur provenance, explique Barbara Balmer, chef de presse de la TSR. Il faut par contre dire septante et nonante.» «Je dis quatre-vingt. Mes collègues vaudois diront huitante. C’est la diversité de la Suisse», sourit Darius Rochebin, icône du téléjournal.

Du côté des radios privées, le son de cloche est différent: «Nos animateurs reçoivent la consigne de dire septante, quatre-vingt et nonante», affirme la radio genevoise One FM. A Lausanne FM, on ne s’est jamais posé la question. «C’est logique de dire huitante, d’après Rodolph de Marco, rédacteur en chef. Si un Genevois travaille chez nous et dit quatre-vingt, on lui fera la remarque, car ce mot est incongru pour les Vaudois.» Soixante-dix et quatre-vingt-dix le sont d’autant plus.

Pour l’anecdote, on relèvera que dans les milieux financiers parisiens, on utilise septante et nonante pour éviter les confusions...


Sabrine Gilliéron/Cédric Alber