Genève

07 juillet 2014 19:29; Act: 08.07.2014 07:57 Print

Il a aidé son fils handicapé à violer une adolescente

par Julien Culet - Un père a été reconnu coupable d'avoir déshabillé une mineure pour que son fils ait un rapport sexuel avec elle. Alcoolique, il devra suivre un traitement pour sa dépendance.

storybild

Image d'illustration (Photo: Keystone)

Une faute?

C'est une affaire pour le moins sordide qui a occupé lundi les juges du Tribunal correctionnel de Genève. Un Espagnol de 47 ans a été reconnu coupable d'avoir aidé son fils handicapé mental à violer une adolescente, âgée de 16 ans à l'époque.

Les faits remontent à la nuit du 20 au 21 avril 2013. Après avoir fêté ses 22 ans, le jeune homme a rencontré une fille au bas de son immeuble et a commencé à la draguer de manière insistante. Ivre, ayant peur de rentrer chez sa mère, elle a accepté d'aller chez lui avec le père du jeune handicapé, qu'elle connait et en qui elle a confiance. Il s'agit en effet du concierge de l'immeuble.

Il déshabille la victime

Les versions divergent concernant ce qui s'est passé dans l'appartement. Les juges ont admis le récit de la victime, corroborée par les aveux du jeune homme. «Le prévenu voulait que son fils ait une relation sexuelle», a estimé le président. Selon les faits retenus, le père a invité la jeune femme qui avait froid à aller se coucher sous la couverture. Dans le lit, il lui a enlevé son pull et son soutien-gorge pendant que son fils lui enlevait ses collants et son pantalon. Le jeune handicapé s'est ensuite mis sur elle et l'a violée. Loin d'intervenir, son père s'est contenté de caresser le bras de l'adolescente et de lui dire de ne pas pleurer.

Après cela, elle est allée se réfugier dans les toilettes, avant de retourner dans le lit pour faire semblant de dormir, pensant ainsi échapper à ses agresseurs. Mais le fils est revenu à la charge pour la violer de nouveau. Après être partie, l'adolescente est tout de suite allée porter plainte au poste de police de la Servette.

La victime est encore traumatisée par cette nuit d'avril 2013. «Elle n'est pas bien, elle en garde des séquelles, ressasse les faits», témoigne son avocate Me Lida Lavi. Cela prouverait également qu'un viol a eu lieu, d'après une psychologue.

«Pas assez de preuves»

Le père nie tout rapport sexuel entre son fils et la plaignante. Il ne saurait d'ailleurs pas comment s'y prendre. Ce serait même la plaignante qui aurait insisté. «Il était sur elle, ils essayaient de faire l'amour. J'ai empêché mon fils de le faire», explique le quadragénaire. Pour son avocat, il n'y a pas suffisamment de preuves pour le condamner. Aucune trace n'a été relevée sur la victime. «Le doute doit profiter à l'accusé», a plaidé la défense, qui demandait l'acquittement.

Peine suspendue

L'accusé a été condamné à 4 ans de prison pour viol en commun. «Le prévenu a méprisé la dignité d'une jeune femme et brisé sa vie. Il a perturbé son développement futur», a dénoncé le président du Tribunal. Ayant un sérieux penchant pour la boisson, l'accusé voit sa peine suspendue à la bonne tenue d'un traitement contre l'alcool en milieu fermé. Il devra aussi verser 6000 francs de tort moral à la victime.