Genève

25 avril 2019 18:04; Act: 25.04.2019 18:05 Print

Il défèque sur la stèle des victimes de la Shoah

Une plainte vise un homme qui s'est soulagé devant une synagogue, au pied d'un monument en mémoire des millions de juifs tués par les nazis.

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«Il s'agit d'un acte ignoble. Son auteur devra répondre de ses actes devant la justice», appuie Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la CICAD, la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation. Dimanche dernier, vers 15h45, un individu s'est dirigé d'un pas décidé vers la stèle commémorative de la Shoah, érigée devant la synagogue Beth-Yaacov, dans le quartier de Plainpalais (GE). Là, il a baissé son pantalon et il a déféqué au pied du monument qui rappelle que six millions de juifs ont été assassinés par le régime nazi, durant la seconde guerre mondiale.

Une plainte pour «injure, discrimination raciale et atteinte à la paix des morts» a été déposée ce jeudi par la Communauté israélite de Genève. Cette dernière invoque par ailleurs une disposition cantonale qui sanctionne les souillures sur les bâtiments publics.

«C'est abject, nous sommes consternés», réagit Philippe Grumbach, président de la Communauté. Celui-ci remarque que l'auteur des faits - filmé par une caméra de vidéosurveillance - a agi «de manière ostentatoire, en plein jour. Il ne fait donc pas de doute qu'en souillant la stèle, cet homme a commis un acte volontairement antisémite.»

Un génocide qui a fait date

La Shoah désigne le massacre d'environ six millions de juifs par les nazis, lors de la deuxième guerre mondiale (1939-1945). Considérés comme des êtres inférieurs par le régime hitlérien, les victimes ont notamment été gazées dans des camps d'extermination tels que celui d'Auschwitz, en Pologne, ou encore exécutées lors de fusillades massives sur le front de l'Est («Shoah par balles»).

Considérés comme le seul génocide industrialisé de l'Histoire, ces crimes de masse ont été à l'origine de nouvelles notions juridiques, établies après la guerre. Parmi elles, la notion de «crime contre l’humanité», utilisée ensuite dans le cadre du génocide au Rwanda en 1994, ou encore après les massacres de Srebrenica, en 1995 en Bosnie-Herzégovine.


(dra)