Genève

22 juillet 2012 23:52; Act: 22.07.2012 23:52 Print

Il veut booster l'aide alimentaire aux démunis

par Henri Della Casa - L’aide alimentaire locale révèle des inepties. Le directeur de l'association Partage tire la sonnette d’alarme.

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Vincent Gall (à droite), ici dans les locaux de Partage avec son co-directeur Marc Nobs et un employé, rappelle que la concurrence existe aussi dans le social. (Photo: hdc)

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«Avec la crise, les autorités devraient reconstruire l’aide alimentaire», plaide Vincent Gall. Le directeur de la centrale alimentaire Partage, qui récolte les invendus (encore consommables) des principaux magasins ou grossistes de la place pour les céder gratuitement à 58 associations du canton, aimerait que le rouage social soit mieux huilé.

Un exemple: «A l’occasion du dernier Samedi du partage (ndlr: une collecte dans les supermarchés, directement auprès des consommateurs), une association d’entraide a demandé du gel douche alors qu’on en a des tonnes en réserve». L’homme est conscient qu’il évolue dans ce qu’il appelle «le marché de la pauvreté».

Récolter, mais ne pas revendre

Un marché où apparaissent des incohérences. Egalement membre des Samedis du Partage, Caritas Genève ne peut par exemple pas revendre dans ses épiceries les produits donnés par le public. «Nous ne vendons que des produits de première main, confirme Dominique Froidevaux, son directeur. Son credo à lui est de ne pas habituer les personnes paupérisées à l’assistance, et qu’elles ne se sentent pas stigmatisées.

«Nous offrons des produits de même qualité que dans un supermarché». Au risque de trouver des pâtes ou une crème pour les mains à prix égal que dans les grandes surfaces...

«Chacun est très attaché à ses choix, observe Vincent Gall. Ce qui fait qu’on évolue pas assez vite.» Un avis que partage à moitié son homologue de Caritas Genève: «C’est vrai que l’on peut s’améliorer, mais il est important que chaque structure garde sa logique d’action.»