Procès à Genève

29 mars 2011 10:07; Act: 29.03.2011 10:38 Print

Ils tuent pour que leur fils n’ait pas un frère bâtard

par Shahïn Ammane - L’homme avait mis une femme enceinte. Avec la complicité de son amie, il s’en était débarrassé en la tuant.

Sur ce sujet
Une faute?

Avorter ou mourir. Tel était le choix qui n’a jamais été offert à Loreidy en 2007. La victime avait alors 20 ans; elle attendait un enfant de N., son bourreau. Consternation, colère, gâchis et incompréhension sont les sentiments qui se sont alternés hier à l’audience de ce couple qui a refusé que le fils qu’ils ont eu ensemble puisse avoir «un demi-frère bâtard», comme la coaccusée le qualifiait.

Un couple «diabolique»

Le public s’est rendu en nombre au tribunal afin de mettre un visage sur «la paire de diaboliques», selon les mots de la mère de la victime. Lui, 28 ans, électricien de formation. Elle, la trentaine, plutôt jolie, sans emploi. Les deux sont restés froids lorsqu’ils ont détaillé le plan macabre qu’ils ont mis à exécution le 2 novembre 2007. Loreidy a été étranglée avec les mains, une cordelette et enfin étouffée à l’aide d’un coussin. Un supplice­ de plus d’un quart d’heure. Pourtant, N. a juré, hier, qu’il n’était pas venu pour tuer sa maîtresse, mais pour lui faire l’amour.

Un plan bien huilé

Faire disparaître le corps est l’affaire du couple qui s’était équipé en conséquence: pelle, gants, essence et chaux. Le corps sera brûlé dans la forêt, puis jeté dans un trou, non sans être préalablement couvert de chaux, pour éviter les odeurs. La présidente du tribunal, qui mène les débats de main de maître, a souligné les nombreuses incohérences dans les propos des accusés. Chacun rejette la faute sur l’autre. N. était faible et fragile à cette époque, sous l’emprise d’une compagne colérique et dominatrice. Celle-ci a admis hier sa participation à l’élaboration du plan, mais a rejeté l’exécution de Loreidy sur son coaccusé.